Publié le 6 novembre 2025 11:24:00. Une étude internationale révèle que le diabète de type 1 chez la mère peut offrir une protection inattendue contre le développement de la maladie chez l’enfant, grâce à des modifications épigénétiques spécifiques observées dans le sang.
- Les enfants dont la mère est atteinte de diabète de type 1 présentent un risque plus faible de développer la maladie auto-immune que ceux dont le père ou un frère/sœur est concerné.
- Des changements dans le « méthylome » sanguin – les marques épigénétiques sur l’ADN – pourraient expliquer cette protection.
- Une nouvelle recherche, financée à hauteur de plus de 550 000 dollars américains (environ 460 000 euros), vise à identifier les mécanismes précis impliqués et à explorer de potentiels biomarqueurs.
Le diabète de type 1, une maladie auto-immune, se caractérise par la destruction des cellules bêta du pancréas, responsables de la production d’insuline. Les enfants issus de familles touchées par cette maladie présentent un risque accru, estimé entre 8 et 15 fois supérieur à la population générale. Cependant, les chercheurs ont depuis longtemps observé une différence significative : le risque semble moins élevé lorsque c’est la mère qui est diabétique de type 1.
Cette observation a conduit à l’hypothèse que des mécanismes épigénétiques pourraient jouer un rôle protecteur. L’épigénétique étudie les modifications de l’expression des gènes sans altérer la séquence de l’ADN elle-même. Des facteurs environnementaux, tels que le tabagisme, le stress ou l’alimentation pendant la grossesse, peuvent induire des changements épigénétiques qui influencent la santé de l’enfant à long terme.
L’étude, publiée dans la revue Nature Metabolism, a analysé des échantillons de sang de 1 752 enfants d’environ deux ans, tous présentant un risque génétique accru de diabète de type 1. Les chercheurs ont comparé les schémas de méthylation de l’ADN – un type de modification épigénétique – entre les enfants dont la mère était diabétique et ceux dont elle ne l’était pas.
« Nous avons observé des changements de méthylation de l’ADN au niveau de plusieurs gènes de susceptibilité au diabète de type 1 chez les enfants nés de mères atteintes de diabète de type 1. »
Professeur Sandra Hummel, chercheuse à l’Institut Helmholtz de Munich pour la recherche sur le diabète
Les résultats ont révélé des différences significatives, notamment dans les gènes HOXA et la région du CMH (complexe majeur d’histocompatibilité), connue pour son rôle dans la susceptibilité au diabète de type 1. Ces changements épigénétiques semblent moduler l’expression de 15 gènes impliqués dans la fonction immunitaire.
En créant un « score de propension à la méthylation » basé sur ces modifications, les chercheurs ont constaté que les enfants sans mère diabétique qui développaient une auto-immunité des îlots (une étape précoce du diabète de type 1) avaient des scores plus faibles, suggérant une protection épigénétique moins importante.
Une nouvelle phase de recherche, financée par le Leona M. et Harry B. Helmsley Charitable Trust, est en cours. Elle vise à approfondir la compréhension des mécanismes protecteurs et à déterminer si des effets similaires sont observés chez les enfants nés de mères ayant souffert de diabète gestationnel. L’équipe de recherche explorera également des biomarqueurs protéiques et métabolomiques potentiels liés aux modifications de la méthylation de l’ADN. Cette étude est menée en collaboration avec l’Université de technologie TU Dresden et s’appuie sur les données collectées dans le cadre des essais GPPAD, des cohortes BABYDIAB et BABYDIET, et de l’étude Fr1da.
Source:
Référence du journal :
Ott, R. et al. (2025). Blood methylome signatures in children exposed to maternal type 1 diabetes are linked to protection against islet autoimmunity. Nature Metabolism. https://doi.org/10.1038/s42255-025-01403-w
