Publié le 13 octobre 2025 16:45. L’attribution du prix Nobel de la paix à l’opposante vénézuélienne María Corina Machado suscite des inquiétudes au Brésil, qui craint une escalade des tensions et une possible intervention militaire américaine au Venezuela. L’ancien gouverneur Tarso Genro dénonce une instrumentalisation politique de ce prix, favorisant selon lui une politique étrangère agressive.
Le gouvernement brésilien suit de près la situation au Venezuela après l’annonce du prix Nobel de la paix décerné à María Corina Machado. Brasilia considère que cette distinction pourrait accroître les chances d’une intervention militaire américaine dans le pays, renforçant l’aile la plus radicale de l’administration Trump, notamment le secrétaire d’État Marco Rubio.
Selon des sources proches du dossier, citées par Folha de S.Paulo, les autorités brésiliennes estiment que cette décision complique les efforts de médiation pacifique en cours. Une crise humanitaire majeure, aux conséquences régionales importantes, est redoutée.
Le président Luiz Inácio Lula da Silva a récemment souligné auprès de Donald Trump, lors d’un entretien téléphonique, l’importance d’une « solution diplomatique » à la crise vénézuélienne, assurant qu’il était ouvert à un dialogue constructif sur tous les sujets.
L’ancien gouverneur du Rio Grande do Sul, Tarso Genro, a exprimé ses préoccupations sur le réseau social X (anciennement Twitter), estimant que l’attribution du prix Nobel de la paix à María Corina Machado est un mauvais présage. Il a déclaré :
« Ne nous y trompons pas, les perspectives sont sombres : Trump est iconisé par les médias mondiaux comme un bâtisseur de paix, mais il était le grand faucon de la « guerre » et du génocide ; Trump a construit – à la manière d’un prix Nobel – une direction d’extrême droite qui veut une invasion militaire de son pays… »
Tarso Genro, juriste et ancien gouverneur du Rio Grande do Sul
Tarso Genro critique également la couverture médiatique des événements au Moyen-Orient, dénonçant une instrumentalisation de la situation à Gaza. Il estime que l’action du Hamas, bien que condamnable, a conduit à une légitimation d’un « protectorat » international sur Gaza, au profit des intérêts des grandes entreprises occidentales.
« La presse mondiale a qualifié cet épisode de ‘la fin d’une guerre’, qui a été évidemment l’anéantissement d’un groupe terroriste, d’une part, et, de l’autre, l’anéantissement brutal de milliers d’enfants, de femmes, de vieux et de jeunes civils, non combattants, à Gaza. Le peuple palestinien a perdu, mais il reviendra, car aucune paix ne se construit avec justice sur une montagne de cadavres innocents. »
Tarso Genro, juriste et ancien gouverneur du Rio Grande do Sul
Ces déclarations interviennent après la libération, ce lundi 13 octobre, des 13 derniers prisonniers vivants détenus par le Hamas dans la bande de Gaza, mettant fin à deux ans de captivité. Les prisonniers ont été transférés au Comité international de la Croix-Rouge et ont rejoint sept autres Israéliens libérés précédemment. Cette libération s’inscrit dans le cadre d’un plan de cessez-le-feu soutenu par les États-Unis, visant à mettre fin aux combats à Gaza.
Le président américain Donald Trump a salué cet accord, qualifiant ce jour de « grand jour » et de « nouveau départ », tout en assurant que le Hamas respecterait les termes du cessez-le-feu :
« C’est un grand jour. C’est un nouveau départ et je ne pense pas qu’il y ait jamais eu un événement comme celui-ci. »
Donald Trump, président des États-Unis
