Publié le 17 décembre 2025 à 05h00 HE. La Floride peut à nouveau appliquer une loi controversée visant à restreindre l’accès des mineurs à certains spectacles considérés comme « pour adultes », après une décision de cour d’appel qui renverse une suspension de deux ans.
- Une cour d’appel fédérale a levé la suspension d’une loi floridienne interdisant l’accès des enfants à des spectacles jugés sexuellement explicites.
- La loi, qui ne mentionne pas explicitement les « drag shows », cible les performances présentant des comportements sexuels ou obscènes.
- Le procureur général de Floride salue cette décision comme une victoire pour la protection des enfants.
Après deux ans de blocage judiciaire, la Floride est désormais autorisée à appliquer une loi de 2023 visant à empêcher les enfants d’assister à des spectacles considérés comme « sexuellement explicites ». La 11e Cour d’appel des États-Unis a invalidé une décision antérieure qui avait suspendu l’application de cette loi, à l’exception du lieu Hamburger Mary’s, qui avait contesté sa constitutionnalité.
La décision de la cour d’appel, rendue le 15 décembre, fait suite à une décision de la Cour suprême des États-Unis en juin dernier qui a limité la portée des injonctions générales – des ordonnances judiciaires s’appliquant à un large éventail de personnes, et pas seulement aux parties directement impliquées dans un litige. Cette décision a permis à l’État de Floride de reprendre le contrôle de l’application de sa loi sur les spectacles.
Le procureur général James Uthmeier s’est félicité de cette décision sur le réseau social X :
« Pendant deux ans, notre loi interdisant aux enfants d’assister à des spectacles de dragsters sexuellement explicites a été bloquée devant les tribunaux. À partir d’aujourd’hui, la loi est en vigueur grâce à une victoire en appel de notre bureau. »
James Uthmeier, procureur général de Floride
La loi de 2023 interdit aux établissements d’admettre des mineurs à des « spectacles en direct pour adultes », définis comme des performances qui « représentent ou simulent la nudité, un comportement sexuel, une excitation sexuelle, des activités sexuelles spécifiques, un comportement obscène, ou l’exposition obscène d’organes génitaux ou de seins prothétiques ou imitations ». Depuis son introduction, des salles de spectacle ont exprimé des préoccupations quant au caractère vague de la loi, craignant qu’elle ne conduise à des restrictions arbitraires sur les types de spectacles autorisés.
En novembre dernier, le procureur général Uthmeier avait même mis en garde les autorités de Pensacola, en leur demandant d’annuler un spectacle intitulé « A Drag Queen Christmas ». Le conseil municipal de Pensacola avait refusé, estimant qu’une telle annulation constituerait une violation du premier amendement de la Constitution américaine. La décision de la cour d’appel du 15 décembre pourrait avoir des conséquences sur la tenue de ce spectacle, prévu le 23 décembre dans un théâtre municipal. Dans une lettre adressée aux autorités de Pensacola, Uthmeier avait affirmé que l’organisation de ce spectacle « pourrait constituer une discrimination religieuse », en raison de son contenu jugé irrespectueux envers les croyances chrétiennes.
Melissa Stewart, l’avocate représentant Hamburger Mary’s d’Orlando, a exprimé sa déception face à la décision de la cour d’appel, tout en affirmant sa détermination à poursuivre le combat pour défendre les droits constitutionnels des Floridiens :
« Nous sommes déçus de la décision du tribunal, mais nous allons continuer à nous battre pour protéger les droits du premier amendement de tous les Floridiens. »
Melissa Stewart, avocate de Hamburger Mary’s
Elle a souligné que même si Hamburger Mary’s est actuellement exempté de l’application de la loi, les droits de ses clients restent menacés, car les artistes pourraient hésiter à se produire de peur de violer la loi.
La cour d’appel avait annoncé le 1er décembre qu’elle reprendrait l’examen de la loi de 2023 sur les spectacles sans fournir de justification pour cette décision. L’affaire continue donc de faire l’objet d’un suivi attentif.
Ce contenu de reportage est soutenu par un partenariat avec Freedom Forum et Journalism Funding Partners. Stephany Matat, journaliste au USA Today Network-Florida First Amendment, est basée à Tallahassee, en Floride. [email protected]. Sur X : @stephanymatat.

