Publié le 30 septembre 2025 à 12h24. Le puissant syndicat américain des acteurs, SAG-AFTRA, s’oppose fermement à la représentation par des agents de talents d’une actrice entièrement générée par intelligence artificielle, ravivant le débat sur l’impact de l’IA sur l’industrie du divertissement.
- SAG-AFTRA dénonce l’utilisation non autorisée du travail d’artistes pour créer des personnages numériques.
- La créatrice de l’actrice virtuelle, Eline van der Velden, défend son travail comme une nouvelle forme d’art.
- Plusieurs acteurs, dont Melissa Barrera et Whoopi Goldberg, ont exprimé leur indignation face à cette initiative.
La polémique a éclaté après que l’actrice et technologue Eline van der Velden ait révélé être en négociations avec des agences de talents pour représenter « Tilly Norwood », une actrice entièrement créée par intelligence artificielle. Van der Velden, à la tête de sa société de production axée sur l’IA, Particule 6, a lancé discrètement Tilly Norwood sur TikTok, Instagram et YouTube cet été. Elle a également dévoilé son AI Talent Studio Xicoia.
SAG-AFTRA a immédiatement réagi en publiant un communiqué ferme. « SAG-AFTRA estime que la créativité est et doit rester centrée sur l’humain. Le syndicat s’oppose au remplacement des artistes humains par des synthétiques », a déclaré l’organisation, qui représente quelque 160 000 acteurs et autres professionnels du divertissement et des médias.
« Pour être clair, « Tilly Norwood » n’est pas une actrice, c’est un personnage généré par un programme informatique formé sur le travail d’innombrables artistes professionnels – sans autorisation ni compensation. Elle n’a aucune expérience de la vie à tirer, aucune émotion et, de ce que nous avons vu, ne captive pas le public. »
SAG-AFTRA
Le syndicat met en garde contre les dangers de l’utilisation de performances volées pour remplacer des acteurs au chômage, compromettre leurs moyens de subsistance et dévaloriser l’art humain. Cette prise de position intervient après une grève historique des acteurs en 2023, qui avait abouti à des protections concernant l’utilisation de l’IA pour reproduire les ressemblances et les performances des acteurs.
La réaction des acteurs n’a pas tardé. Une vague d’indignation s’est propagée sur les réseaux sociaux, avec des personnalités telles que Melissa Barrera et Kiersey Clemons exprimant publiquement leur colère. Whoopi Goldberg et Emily Blunt ont également manifesté leur préoccupation.
Face à la controverse, Eline van der Velden a publié une déclaration lundi, insistant sur le fait qu’elle considérait Tilly Norwood non pas comme un substitut à un être humain, mais comme une œuvre créative, une forme d’art.
« Je vois l’IA non pas en remplacement des gens, mais comme un nouvel outil, un nouveau pinceau. Tout comme l’animation, la marionnette ou le CGI ont ouvert de nouvelles possibilités sans retirer de la vie en direct, l’IA offre un autre moyen d’imaginer et de construire des histoires. »
Eline van der Velden, créatrice de Tilly Norwood
Cette affaire soulève des questions cruciales sur l’avenir de l’industrie du divertissement et la place de l’intelligence artificielle dans la création artistique. Elle pourrait également inciter les studios et les entreprises de médias à reconsidérer leur approche de l’intégration de l’IA dans leurs processus de production. Source originale sur Deadline
