Mis à jour le 1er novembre 2025 à 19h48. Des tests menés en Norvège ont révélé des failles de sécurité potentielles dans les bus électriques de fabrication chinoise Yutong, soulevant des inquiétudes quant à la possibilité de les désactiver à distance. Le Danemark examine de près la situation, alors que des mesures de sécurité sont envisagées pour contrer ces risques.
- Des bus électriques Yutong, utilisés au Danemark et testés en Norvège, peuvent être arrêtés et recevoir des mises à jour logicielles à distance par le constructeur.
- Les experts mettent en garde contre le risque de désactivation complète du système des véhicules via des mises à jour logicielles malveillantes.
- Le Danemark et la Norvège envisagent des mesures de sécurité, notamment le retrait des cartes SIM, pour atténuer les risques.
La société de transport norvégienne Ruter a discrètement évalué deux modèles de bus électriques cet été : un produit néerlandais et un bus de la marque chinoise Yutong. Les résultats de ces tests ont mis en lumière des différences significatives en matière de sécurité. Si le bus néerlandais ne permettait pas de contrôle à distance par le constructeur, le modèle Yutong offrait cette possibilité, permettant à la fois l’arrêt du véhicule et l’installation de mises à jour logicielles.
Cette capacité de mise à jour à distance, bien que potentiellement utile pour l’amélioration des performances et la correction de bugs, soulève des inquiétudes majeures. Selon les experts, une utilisation malveillante de ces mises à jour pourrait entraîner la désactivation complète du système du bus, compromettant ainsi la sécurité des passagers et des conducteurs.
Face à ces conclusions, le Danemark a pris les choses en main. Jeppe Gaard, directeur du trafic de Movia, l’une des plus grandes entreprises de transport public du pays, a annoncé que la question était examinée de près. Le Danemark exploite actuellement 262 bus électriques Yutong. L’Agence danoise de sécurité civile a précisé qu’aucun incident de ce type n’avait été signalé à ce jour, tout en reconnaissant que les capteurs et les systèmes connectés à Internet présentent des vulnérabilités potentielles.
En Norvège, une des mesures envisagées est le retrait des cartes SIM des bus, afin de limiter les possibilités de contrôle à distance. Cependant, Movia estime que cette approche pourrait réduire certains des avantages offerts par la connectivité.
Movia souligne que le problème ne se limite pas aux bus Yutong. La Chine est un acteur majeur dans la production de composants électroniques pour l’industrie automobile, et tous les véhicules équipés de ces éléments pourraient être concernés.
« Il ne s’agit pas seulement d’un fabricant, il s’agit d’un problème général de sécurité numérique. Des réglementations légales doivent être élaborées pour protéger les appareils connectés à Internet. »
Jeppe Gaard, directeur du trafic de Movia
Gaard insiste sur la nécessité d’une approche globale et réglementaire pour garantir la sécurité des véhicules connectés. La question devrait être abordée au niveau national, afin de mettre en place un cadre juridique clair et efficace pour protéger les infrastructures de transport.


