Publié le 12 janvier 2026. Les véhicules de niveau 3, capables de circuler de manière autonome dans certaines conditions, sont désormais autorisés sur les routes françaises, mais leur utilisation est encadrée par une législation précise concernant la responsabilité et le contrôle du conducteur.
- Depuis janvier dernier, les conducteurs peuvent déléguer la conduite à leur véhicule dans certaines situations, à condition de pouvoir reprendre le contrôle à tout moment.
- La loi impose aux constructeurs et aux conducteurs de fournir aux forces de l’ordre l’accès aux données de conduite, automatisée ou manuelle.
- L’utilisation du téléphone portable ou la conduite sous l’influence de l’alcool restent interdites, même en mode de conduite autonome.
La France franchit une nouvelle étape dans l’adoption des technologies de conduite automatisée. Les véhicules de niveau 3, qui peuvent gérer la conduite dans des conditions spécifiques, notamment sur autoroute, sont désormais autorisés à rouler sur le réseau routier national. Cependant, cette autorisation s’accompagne de règles strictes pour garantir la sécurité et définir les responsabilités en cas d’incident.
Le principe fondamental est que le conducteur reste responsable, même lorsque le véhicule prend le contrôle. Il dispose d’un délai d’au moins 10 secondes pour reprendre la main lorsque le système le lui demande. Le système doit être capable de gérer seul les situations imprévues et, en cas d’absence de réaction du conducteur, il se dirigera vers un endroit sûr pour s’arrêter.
La législation précise également les obligations en matière de partage de données. Les forces de l’ordre ont le droit d’accéder aux informations relatives à l’utilisation du mode de conduite autonome et à l’intervention du conducteur. La police ou les officiers de police militaire peuvent ainsi vérifier si le véhicule roulait de manière autonome ou si le conducteur était aux commandes. Le non-respect de cette obligation est considéré comme une infraction.
Les constructeurs automobiles ont également l’obligation de fournir ces données sur demande, non seulement aux forces de l’ordre, mais aussi aux autorités administratives. Cette exigence vise à clarifier les responsabilités en cas d’accident ou de violation du code de la route. En effet, lorsque le véhicule est en mode de conduite autonome, c’est lui qui est tenu responsable des infractions, y compris celles liées à la conception du système.
Les conditions d’utilisation d’un véhicule autonome sont définies par le constructeur et doivent être acceptées par le conducteur. Cela peut inclure, par exemple, l’activation manuelle du clignotant pour un dépassement. Le fonctionnement automatique peut être suspendu en cas de conditions météorologiques défavorables, de mauvais état des routes ou d’autres limitations imposées par le constructeur. Le fonctionnement automatisé de niveau 3 peut donc nécessiter une intervention humaine dans certaines situations.
Le ministère des Transports a clarifié les règles concernant les distractions au volant, même en mode de conduite autonome. Selon la porte-parole Alena Mühl :
« En mode conduite lorsque conduit un véhicule automatisé, le conducteur n’est pas autorisé à utiliser un téléphone portable. Il est également vrai que doit être retenu et ne doit pas être sous l’influence de l’alcool. De plus, il doit toujours être prêt à reprendre la direction lorsque le véhicule le lui demande. »
L’utilisation du téléphone portable, la lecture ou toute autre activité distrayante sont donc interdites. Le constructeur peut autoriser l’utilisation de certaines fonctions du système d’information embarqué, mais le port de la ceinture de sécurité reste obligatoire, et le conducteur doit être en mesure de conduire et de s’assurer de la sécurité du chargement et de l’état technique du véhicule.
La législation sur la conduite automatisée est encore en évolution et de nombreux cas de figure restent à clarifier. Les litiges potentiels seront probablement tranchés par les tribunaux et nécessiteront une adaptation des procédures policières. Le marché des véhicules électriques en pleine expansion pourrait accélérer l’adoption de ces technologies.
Il ne faut pas s’attendre à une adoption massive et immédiate de ces véhicules, comme par exemple avec Tesla, mais plutôt à une progression graduelle.

