Publié le 6 décembre 2025 à 22h26. Le Qatar et l’Égypte, garants du cessez-le-feu à Gaza, pressent Israël de se retirer du territoire palestinien et plaident pour le déploiement rapide d’une force internationale afin de consolider la trêve, alors que des tensions persistent et que le désarmement du Hamas reste un point de friction.
- Le Qatar et l’Égypte appellent au retrait complet des troupes israéliennes de Gaza.
- Le déploiement d’une Force Internationale de Stabilisation (FIS) est jugé crucial pour la mise en œuvre de l’accord de trêve.
- Le Hamas se dit prêt à remettre ses armes à une autorité palestinienne, à condition que l’occupation israélienne prenne fin.
Les médiateurs clés du conflit israélo-palestinien, le Qatar et l’Égypte, ont réitéré leur appel à un retrait total des forces israéliennes de la bande de Gaza, lors du Forum de Doha ce samedi. Ils insistent également sur la nécessité urgente de déployer une Force Internationale de Stabilisation (FIS) pour garantir le respect du cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, mettant fin à deux ans de combats intenses entre Israël et le Hamas.
Ce cessez-le-feu, fruit des efforts diplomatiques conjoints du Qatar, de l’Égypte et des États-Unis, prévoit une seconde phase, encore à venir, qui impliquerait le retrait des troupes israéliennes des positions qu’elles occupent dans le territoire palestinien. Cette phase comprend également la mise en place d’une autorité intérimaire et le déploiement de la FIS, avec pour objectif ultime le désarmement du Hamas.
Le mouvement islamiste palestinien Hamas a exprimé sa disposition à déposer les armes, mais sous une condition essentielle : la fin de l’occupation israélienne.
« Nos armes sont liées à l’existence de l’occupation et de l’agression. Si l’occupation prend fin, ces armes seront placées sous l’autorité de l’État »,
Khalil al Hayya, négociateur en chef du Hamas et chef du mouvement à Gaza
Le Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, a souligné l’urgence de la situation.
« Nous sommes à un moment critique (…) Une trêve ne peut être achevée sans un retrait complet des forces israéliennes et un rétablissement de la stabilité à Gaza. »
Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, Premier ministre qatari
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a quant à lui dénoncé les violations quotidiennes du cessez-le-feu par Israël, insistant sur la nécessité de déployer rapidement la FIS.
« Nous devons déployer cette force le plus rapidement possible sur le terrain car l’une des parties, Israël, viole chaque jour le cessez-le-feu. »
Badr Abdelatty, ministre égyptien des Affaires étrangères
Cependant, les pays arabes et musulmans se montrent prudents quant à leur participation à cette force internationale, craignant de se retrouver à combattre aux côtés des miliciens palestiniens. La Turquie a exprimé son intérêt, mais ses efforts sont mal perçus par Israël, qui la considère comme trop proche du Hamas.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a précisé que les négociations concernant la composition et la structure de commandement de la FIS étaient toujours en cours. Il a souligné que la priorité devait être de séparer physiquement les populations palestinienne et israélienne.
« Cela devrait être notre objectif principal. Ensuite, nous pourrons résoudre les autres questions en suspens. »
Hakan Fidan, ministre turc des Affaires étrangères
Badr Abdelatty a suggéré de déployer la FIS le long de la “ligne jaune” afin de surveiller et de vérifier le respect du cessez-le-feu, soulignant que des tirs des forces israéliennes sur des Palestiniens ont eu lieu à proximité de cette ligne depuis l’entrée en vigueur de la trêve.
Le plan initial en 20 points présenté par les États-Unis prévoit le désarmement du Hamas, une exigence que le groupe a rejetée à plusieurs reprises. Le Qatar, en collaboration avec la Turquie, l’Égypte et les États-Unis, s’efforce de faire progresser la prochaine phase de l’accord.
Hakan Fidan a estimé que le désarmement du Hamas ne devait pas être la priorité immédiate, insistant sur la nécessité d’une approche réaliste et progressive.
« Le désarmement ne peut pas être la première chose à faire dans le processus. Il faut remettre les choses à leur place, il faut être réaliste. »
Hakan Fidan, ministre turc des Affaires étrangères
