Publié le 6 décembre 2025 à 13h49. Un comité consultatif américain, nommé par le secrétaire à la Santé Robert F. Kennedy Jr., connu pour ses positions sceptiques envers les vaccins, a recommandé de limiter la vaccination contre l’hépatite B chez les nouveau-nés, une décision qui suscite de vives critiques de la part de la communauté médicale.
- Le Comité consultatif sur les pratiques d’immunisation (ACIP) recommande désormais de ne vacciner les nouveau-nés contre l’hépatite B que si leur mère est porteuse du virus.
- Cette décision, adoptée par huit voix contre trois, met fin à plus de 30 ans de politique de prévention universelle aux États-Unis.
- Les associations médicales dénoncent une recommandation « irresponsable » qui pourrait entraîner une augmentation des infections par l’hépatite B.
Cette volte-face intervient après des années de vaccination systématique des nourrissons juste après la naissance, une stratégie qui avait permis de réduire drastiquement la prévalence de l’hépatite B chez les jeunes Américains. Auparavant, la vaccination universelle visait à prévenir la transmission de la mère à l’enfant, même si la mère ignorait être infectée. L’hépatite B est une maladie virale du foie, transmissible par voie sexuelle et sanguine, pouvant entraîner une cirrhose ou un cancer du foie.
Selon la nouvelle directive de l’ACIP, une première dose du vaccin (sur un schéma vaccinal complet de trois doses) ne serait administrée qu’aux bébés dont la mère a été diagnostiquée positive pour le virus. Dans les autres cas, les parents seraient invités à consulter un médecin pour décider « si et quand » vacciner leur enfant. L’ancien président Donald Trump a salué cette décision, la qualifiant de « très bonne décision » sur sa plateforme Truth Social.
La décision de l’ACIP a immédiatement provoqué une levée de boucliers au sein de la communauté médicale. Susan J. Kressly, présidente de l’Académie américaine de pédiatrie, a déclaré dans un communiqué :
« Cette recommandation irresponsable et délibérément trompeuse entraînera davantage d’infections par l’hépatite B chez les nourrissons et les enfants. »
Trois membres du comité se sont également opposés à la mesure, estimant qu’il n’existait aucun argument scientifique justifiant un tel changement. Le Dr Cody Meissner, l’une des voix dissidentes, a mis en garde avant le vote :
« Ne pas nuire est un impératif moral. En modifiant la formulation de cette recommandation, nous causons du tort. »
Il a souligné que le comité avait été complètement réorganisé par Robert F. Kennedy Jr.
La composition de l’ACIP, sous la direction de Kennedy, est critiquée pour le manque d’expertise de certains de ses membres et pour la diffusion de théories remettant en question l’efficacité et la sécurité des vaccins. Cette décision intervient dans un contexte de méfiance croissante envers la vaccination aux États-Unis, alimentée par la désinformation et les mouvements anti-vaccins.