Publié le 23 novembre 2025 17h59. Les troubles du comportement alimentaire laissent des séquelles durables sur la santé physique et mentale, bien au-delà de la période de diagnostic, avec un risque accru de complications graves et de décès prématuré.
- Les personnes ayant souffert de troubles du comportement alimentaire présentent un risque multiplié par quatre de décès prématuré.
- Le risque de développer une insuffisance rénale, hépatique, une ostéoporose, une insuffisance cardiaque ou un diabète est significativement plus élevé chez ces patients.
- Le risque de suicide reste presque triplé dix ans après le diagnostic initial.
Une nouvelle étude publiée dans la revue BMJ Medicine met en lumière les conséquences à long terme des troubles du comportement alimentaire (TCA), tels que l’anorexie, la boulimie et l’hyperphagie boulimique. Les chercheurs ont constaté que les risques pour la santé persistent pendant des années, même après le diagnostic et la prise en charge initiale.
L’étude, menée par une équipe de l’Université de Manchester, a analysé les dossiers médicaux de plus de 24 700 personnes âgées de 10 à 44 ans diagnostiquées avec un TCA, en les comparant à un groupe témoin de 493 000 individus. Les résultats révèlent qu’au cours de la première année suivant le diagnostic, les patients souffrant de TCA sont six fois plus susceptibles de développer une insuffisance rénale, près de sept fois plus susceptibles de contracter une maladie du foie et six fois plus susceptibles de souffrir d’ostéoporose. Ils présentent également un risque accru d’insuffisance cardiaque (multiplié par deux), de diabète (multiplié par trois) et de dépression (multiplié par sept). Le risque d’automutilation est multiplié par plus de neuf et celui de tentative de suicide par quatorze.
Ces risques restent élevés plusieurs années après le diagnostic. L’étude précise que le risque de maladie rénale et hépatique est encore 2,5 à 4 fois plus élevé cinq ans après, tandis que le risque global de décès prématuré demeure 2 à 3 fois plus élevé. Même dix ans après le diagnostic, les personnes ayant souffert de TCA continuent de décéder à un rythme plus élevé, avec un risque de suicide toujours presque triplé.
« Cette étude souligne l’importance de surveiller continuellement les résultats à long terme en matière de santé physique chez les personnes ayant des antécédents de troubles de l’alimentation »,
Catherine Morgan, épidémiologiste à l’Université de Manchester
Les chercheurs insistent sur la nécessité d’une meilleure prise en charge à long terme des patients ayant souffert de TCA. Ils soulignent le rôle crucial des professionnels de santé, notamment les médecins généralistes, dans le suivi et le soutien de ces patients.
Dans un éditorial accompagnant l’étude, des chercheurs de l’Université McMaster au Canada soulignent que les conséquences des TCA sont souvent sous-estimées. Ils insistent sur le fait que ces troubles affectent plusieurs systèmes organiques et nécessitent une approche intégrée pour une prise en charge adéquate.
« Les troubles de l’alimentation affectent plusieurs systèmes organiques, nécessitant l’intégration des soins pour traiter les patients de manière appropriée »,
Jennifer Couturier, professeur de psychiatrie et de neurosciences comportementales à l’Université McMaster
Ils ajoutent que les médecins généralistes sont idéalement placés pour coordonner les soins et assurer un suivi continu des patients en rétablissement.
Pour plus d’informations : L’American Psychiatric Association propose des ressources sur les troubles de l’alimentation.
Source : BMJ Medicine, communiqué de presse, 18 novembre 2025.
* Dennis Thompson, HealthDay Reporters
