Publié le 5 novembre 2025 à 12h00. La Renault 5, avec sa fonction innovante de véhicule à véhicule (V2L), peut désormais dépanner d’autres voitures électriques en panne de batterie, mais cette solution d’urgence présente des limites en termes d’efficacité et de temps.
- La Renault 5 peut transférer de l’énergie à d’autres véhicules électriques, comme la Škoda Elroq.
- Ce transfert nécessite un équipement spécifique, notamment une borne de recharge additionnelle vendue par Renault (5 000 couronnes).
- Le processus de transfert est relativement lent et entraîne des pertes d’énergie significatives (environ 25%).
L’idée qu’une voiture électrique puisse non seulement consommer de l’énergie, mais aussi en fournir à une autre, est en train de devenir réalité. Renault, avec son modèle R5, est à l’avant-garde de cette technologie, appelée véhicule à véhicule (V2L, pour vehicle-to-load). Nous avons testé cette fonctionnalité en tentant de recharger une Škoda Elroq à partir de la batterie de la R5. Le résultat ? Un succès, certes, mais avec quelques réserves.
La R5, reconnaissable entre mille grâce à sa teinte jaune éclatante, s’est avérée être le candidat idéal pour cette expérience. Au-delà de son esthétique, elle propose une fonction qui pourrait bien éviter à certains conducteurs l’appel à une dépanneuse en cas de panne sèche. Cette capacité à partager son énergie est proposée par Renault sans surcoût, une particularité qui n’est pas encore systématique chez tous les constructeurs. À l’heure actuelle, les Škoda ne disposent pas de cette fonctionnalité, bien que des évolutions soient prévues.
Pour que le transfert d’énergie soit possible, un équipement adapté est indispensable. Un simple câble ne suffit pas : il faut une unité de commande capable d’établir une communication entre les deux véhicules. Renault propose une borne de recharge spécifique, à connecter à la prise de chargement de la R5. Cette borne, vendue au prix de 5 000 couronnes, se glisse facilement dans l’espace réservé au kit de réparation des pneus.
Une fois connectée, la prise de chargement de la Renault se transforme en une prise électrique standard de 230 volts, compatible avec la plupart des appareils. Cela permet d’utiliser le câble de recharge domestique, généralement fourni avec chaque voiture électrique, même si les constructeurs tendent à le facturer en option.
Nous avons donc relié les deux voitures à l’aide d’une prise 230 volts du côté Renault et d’un connecteur de type Mennekes du côté Škoda. Quel que soit le fabricant, ce type de câble, équipé de l’unité de commande appropriée, est un standard universel, compatible avec toutes les marques.
Après quelques secondes de connexion, l’Elroq vérifie si elle doit initier la charge. Puis, un clic se fait entendre et le voyant jaune clignotant à côté de la prise de charge se transforme en un voyant vert fixe. La magie opère : la batterie de l’Elroq se recharge grâce à l’électricité fournie par la R5. C’est un peu comme offrir une réserve d’essence à un véhicule thermique, mais dans une version moderne et électrique.
Cependant, cette solution de dépannage n’est pas sans inconvénients. Elle est relativement lente et peu efficace. La R5, en tant que donneur d’énergie, fournit du courant continu, qui est converti en courant alternatif avant d’atteindre l’Elroq. Or, chez Škoda, une nouvelle conversion est effectuée, ramenant le courant alternatif en courant continu pour alimenter la batterie. Cette double conversion entraîne des pertes d’énergie significatives : sur 2 kilowatts prélevés sur la Renault, seulement 1,5 kW sont effectivement utilisés par l’Elroq. Un quart de l’énergie est donc perdue, ce qui est considérable.
De plus, aider un autre véhicule électrique prend du temps. Une heure de recharge n’a permis à l’Elroq de parcourir que neuf kilomètres supplémentaires. Si une borne de recharge publique se trouvait à proximité, cela suffirait probablement. Mais en l’absence de point de recharge, l’attente peut être longue pour celui qui offre son aide.
En conclusion, recharger une voiture électrique en panne sur une aire de repos n’est pas aussi simple que de partager une cartouche de rechange. L’opération elle-même est facile et propre, mais elle demande du temps – de quelques dizaines de minutes à plusieurs heures, selon la distance de la borne de recharge la plus proche. Néanmoins, Renault mérite d’être salué pour avoir rendu possible cette forme d’assistance en cas d’urgence.
