Buenos Aires – La victoire retentissante du camp présidentiel aux élections législatives de mi-mandat donne un nouveau souffle à Javier Milei et à son projet de réforme radicale de l’Argentine. Le parti La Libertad Avanza a considérablement renforcé sa position au Parlement, ouvrant la voie à une accélération des réformes économiques controversées.
Les résultats de dimanche, qui ont vu le bloc de députés de Milei passer de 37 à 101 sur 257, et ses sénateurs de six à 20 sur 72, lui confèrent une marge de manœuvre bien plus importante qu’auparavant. Jusqu’à présent, le président était largement contraint de gouverner par décrets, faute de majorité parlementaire. Le taux de participation, de 67,9 %, a été l’un des plus faibles enregistrés depuis le retour de la démocratie en 1983.
Cette victoire intervient alors que Milei peut se targuer d’avoir maîtrisé l’inflation, qui est passée de plus de 200 % à 31,8 % en 20 mois, et d’avoir atteint un équilibre budgétaire inédit depuis quatorze ans. Cependant, cette politique d’austérité, qualifiée par le président de « plus grand ajustement budgétaire de l’histoire », a eu un coût social important : augmentation de la pauvreté, perte de plus de 200 000 emplois et contraction de l’activité économique de 1,8 % en 2024. La reprise économique prévue pour 2025 semble également s’essouffler.
L’opposition péroniste (centre-gauche), qui a obtenu 24,5 % des voix, n’a pas réussi à mobiliser l’électorat face au mécontentement social. Cette défaite est d’autant plus notable que les sondages d’opinion étaient initialement défavorables à Milei.
À ce stade, le parti de l’extrême droite ne dispose pas d’une majorité absolue, mais sa nouvelle force parlementaire lui permettra d’intensifier ses efforts de réforme et de déréglementation au cours des deux années restantes de son mandat. Au programme : des réformes fiscales, une flexibilisation du marché du travail et du système de protection sociale, ainsi qu’une vague de privatisations d’entreprises publiques.
Les marchés financiers ont immédiatement réagi positivement aux résultats électoraux. Lundi, le peso argentin s’est fortement apprécié, après avoir été soumis à une forte pression ces derniers mois en raison de l’incertitude liée au scrutin. L’issue du vote était également scrutée par les États-Unis, qui avaient laissé entendre qu’une aide financière massive serait conditionnée à la victoire de Milei. Donald Trump avait notamment déclaré que les États-Unis ne seraient « pas si généreux » en cas de défaite du président argentin.
