Publié le 3 décembre 2025. Un club de tricot féminin, né à Tallinn, connaît un succès inattendu en proposant des rencontres conviviales dans les cafés et restaurants de la capitale estonienne, brisant ainsi l’image traditionnelle associée à cet art.
- Le club de tricot Loop: Yarn Society a vu ses ateliers du mois complets en quelques jours, témoignant d’un intérêt croissant pour cet artisanat.
- Les participantes apprécient l’ambiance chaleureuse et l’échange d’idées que permettent ces rencontres.
- Le club envisage d’organiser des séances de tricot au cinéma, une pratique déjà populaire dans les pays scandinaves.
Le club de tricot Loop: Yarn Society, fondé à Tallinn, attire de plus en plus de femmes désireuses de partager leur passion pour le tricot dans une ambiance décontractée. Loin de l’image d’un loisir réservé aux aînées, le club se positionne comme un espace d’expression créative et de convivialité pour toutes les générations.
« La dernière fois, j’ai été surprise de constater que lorsque j’ai publié les dates du club de tricot, tout le mois était complet sous mes yeux », confie Grete Rattasepp, l’une des principales organisatrices. « Nous accueillons généralement jusqu’à douze personnes pour garder une ambiance chaleureuse et permettre à chacun de se parler. C’est absolument fou ce qui s’est passé en quelques mois. »
Pour les membres, l’attrait de ces rencontres réside dans le partage et l’inspiration. « On peut tricoter seul à la maison, mais c’est beaucoup plus amusant ici. C’est vraiment inspirant de voir ce que font les autres, et on trouve aussi des idées pour soi-même », explique Sille, une participante. Daisy, une autre membre, souligne l’importance de pouvoir se consacrer pleinement à sa passion sans crainte du jugement : « Parce que tout le monde a un intérêt commun, je ne me sens pas mal si je veux juste parler de tricot toute la soirée. »
Les fondatrices, Grete Rattasepp et Maria Kim, se sont rencontrées lors d’un festival de café et ont rapidement uni leurs forces pour créer ce club. Maria, céramiste de profession, était débutante en tricot lorsqu’elle a rejoint le groupe. « Nous nous sommes rencontrées pour la première fois lors d’un festival de café. La fois suivante, nous avons créé un compte Instagram, créé une adresse e-mail et publié des informations sur la première réunion du club », raconte Maria.
Grete Rattasepp, elle, a appris à tricoter dès l’âge de quatre ans grâce à sa grand-mère. « J’ai toujours eu des aiguilles à tricoter dans les mains. J’ai ensuite étudié le design de mode à l’Académie estonienne des arts (EKA). Je tricote tous les jours et je m’y implique vraiment », précise-t-elle.
Au-delà du plaisir de tricoter, le club offre également un espace d’échange et de socialisation. Živile, par exemple, profite de ces rencontres pour améliorer son estonien. « Le tricot est une activité tellement introvertie que c’est agréable de pouvoir parler à quelqu’un tout en le faisant », explique-t-elle.
Les participantes ont même surmonté leur timidité à l’égard de cet artisanat. « Avant, j’avais peur de sortir mon tricot en public, mais maintenant je me fiche de ce que pensent les autres », confie Sille avec un sourire. « Quand j’ai une journée stressante au travail, j’éteins mon ordinateur pendant une demi-heure et je tricote. C’est tellement apaisant. »
Après avoir animé des soirées dans différents cafés et restaurants, le club envisage désormais d’organiser des séances de tricot au cinéma, une pratique courante dans les pays nordiques. « En Lituanie, en Lettonie, en Finlande et en Norvège, il existe des cinémas de tricot où l’on tricote, où les lumières sont allumées et où l’on regarde aussi un film », explique Grete Rattasepp. « Notre objectif est de montrer à tout le monde que le tricot et le crochet sont cool – ce ne sont pas que des passe-temps réservés aux grands-mères. »
