Publié le 5 décembre 2025 à 12h45. Anne Bootz raconte dans un livre poignant son combat contre l’anorexie, une maladie qui a failli lui coûter la vie après un départ comme une simple volonté de « manger plus sainement ». Elle espère ainsi encourager d’autres personnes à demander de l’aide.
- À l’apogée de sa maladie, Anne Bootz a été hospitalisée en urgence, son corps étant au bord de la défaillance.
- Son parcours a commencé avec une obsession pour une alimentation saine, rapidement transformée en restriction calorique extrême et en exercice physique compulsif.
- Elle souligne l’importance de parler de ses difficultés et de ne pas hésiter à solliciter de l’aide professionnelle.
Ce qui débuta comme une aspiration à un mode de vie plus sain a viré au cauchemar pour Anne Bootz. L’actrice, connue pour son rôle dans la série télévisée néerlandaise « Spangas », a sombré dans l’anorexie après avoir adopté un régime alimentaire rigoureux et commencé une activité sportive intense. Elle décrit une spirale infernale où le contrôle de son alimentation est devenu une obsession dévorante.
« Je voulais juste vivre une vie plus saine », confie Anne Bootz. L’achat d’un livre de cuisine axé sur les « superaliments » et une inscription à une salle de sport semblaient être de bonnes initiatives. Mais très vite, elle a perdu pied. « Dès que j’ai commencé un programme de perte de poids à la salle de sport, j’ai immédiatement arrêté de manger du sucre. Tout devait être 100 % sain, riche en protéines ou naturel », explique-t-elle.
Les premiers résultats, une perte de poids rapide, ont été perçus comme une récompense et ont alimenté son obsession. « C’était addictif pour moi. J’avais 18 ans à l’époque et j’ai toujours manqué de confiance en moi. J’avais l’impression d’avoir enfin trouvé quelque chose dans lequel j’étais douée ». L’utilisation d’une application de suivi calorique, sur les conseils d’un coach sportif, a marqué un tournant décisif.
« Au début, je mangeais surtout de manière extrêmement saine, mais depuis que j’ai commencé à utiliser cette application, je voulais surtout consommer le moins de calories possible. Je pouvais paniquer à la vue de quelques carottes ». L’activité physique s’est intensifiée, devenant une compulsion. « J’avais une énorme envie de bouger. Si je restais assise pendant quinze minutes, je pensais que j’avais pris du poids et je voulais immédiatement courir à nouveau. Si je ne le faisais pas, une voix dans ma tête me criait si fort de bouger que je n’avais d’autre choix que de céder. Je pense que je courais un semi-marathon par jour. Même notre chien ne pouvait pas suivre ».
Son poids a chuté de manière alarmante, mais Anne Bootz a longtemps refusé de reconnaître la gravité de la situation. Ses proches, parents, sœur, amis, ont exprimé leur inquiétude, mais elle a minimisé leurs craintes. « J’ai trouvé cela irritant. Je me suis dit : dans quoi vous embarquez-vous ? Ils avaient bien sûr raison de s’inquiéter, mais je ne l’ai pas vu sur le moment. Je pensais que ce n’était pas trop mal ».
« Quand je vois des images de moi-même à cette époque, j’ai du mal à le supporter, mais à l’époque, je pensais que j’avais l’air normal. »
Anne Bootz
L’hospitalisation en urgence, suite à une consultation médicale initiée par ses parents, a marqué un point de non-retour. Anne Bootz a été admise dans une clinique spécialisée dans les troubles de l’alimentation. « Là-bas, j’ai joué le parfait patient anorexique pour reprendre ma vie le plus vite possible. J’y suis vraiment allée pour ma famille, parce que je voyais toute la tristesse que je leur causais. Je ne me sentais plus grand-chose moi-même, l’anorexie aplatit toutes les émotions ». Le séjour de trois mois a été un combat constant pour se nourrir.
« J’étais assise là avec onze autres personnes et vous vous regardez constamment : qui prend cet oliebol (beignet), qui ne le fait pas ? Une dynamique malsaine. C’était une période difficile, mais cela m’a aussi sauvé la vie. J’ai recommencé à manger là-bas ».
Son livre, publié cette semaine, est le fruit d’une longue introspection. « Mais ensuite, je me suis demandé : de qui je me moque ? Manger était mieux, mais je n’étais absolument pas encore rétablie. Cela m’a rendu difficile la publication d’un livre ? Je voulais écrire l’histoire qui me manquait dans d’autres livres : sur le fait que la guérison ne commence que lorsque l’alimentation revient à la normale ».
Le chemin vers la guérison a été long et semé d’embûches. « Cela n’a pas été une ligne droite. Il y a eu des moments où on a parlé de devoir retourner à la clinique. Je ne voulais absolument pas cela, alors j’ai recommencé à manger et les choses se sont un peu améliorées. Jusqu’à ce que j’aie une autre rechute ». Anne Bootz souligne que la guérison ne se limite pas à la reprise de l’alimentation, mais nécessite un travail en profondeur sur les causes profondes du trouble.
Aujourd’hui, Anne Bootz continue de subir les conséquences de cette période sombre. « Avant, je n’étais jamais malade, mais maintenant ma résistance est très faible. J’ai toujours froid et je n’ai plus l’énergie que j’avais avant. J’ai aussi des migraines chroniques, ce qui m’empêche de travailler. À cet égard, je suis condamnée à perpétuité. Cela me rend parfois triste d’avoir fait ça à mon corps ».
Elle appelle à la transparence et à la communication. « Si vous avez du mal à parler, trouvez un autre moyen d’exprimer vos pensées. Envoyez-le par courrier électronique aux gens, commencez à bloguer ou à bloguer. Cela rendra au moins ces pensées moins puissantes ».
Anne Bootz espère que son témoignage apportera de l’espoir à d’autres personnes touchées par des troubles de l’alimentation. « La Promenade », son livre, est disponible depuis cette semaine.
Pour en savoir plus : Mode de vie

