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EN DIRECT – Guerre au Moyen-Orient : nouvel échange de frappes entre les Etats-Unis et l’Iran

by Clara Dubois
Tensions stratégiques au détroit d'Ormuz
Les États-Unis et l’Iran ont échangé des frappes aériennes ce dimanche 28 juin 2026, rompant un cessez-le-feu fragile signé le 17 juin. Le conflit, centré sur le contrôle du détroit d’Ormuz, a conduit Téhéran à cibler des bases américaines au Koweït et à Bahreïn en représailles à des bombardements américains.

Tensions stratégiques au détroit d’Ormuz

Tensions stratégiques au détroit d'Ormuz
Photo: BFM

L’escalade actuelle trouve sa source dans la gestion du détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique que l’Iran a verrouillé durant la guerre déclenchée le 28 février par Israël et les États-Unis. Bien qu’un protocole d’accord signé le 17 juin ait permis la réouverture du détroit, Téhéran n’a autorisé qu’un unique couloir de navigation longeant ses côtes, menaçant tout navire s’en écartant.

Le point de rupture est survenu samedi, lorsque l’aviation américaine a frappé des infrastructures de surveillance, des systèmes de communication, des sites de défense aérienne et des installations de stockage de drones et de mines. Selon Challenges, le Commandement central des États-Unis (Centcom) a justifié ces frappes par une attaque iranienne par drone contre le M/T Kiku, un pétrolier battant pavillon panaméen qui transportait plus de deux millions de barils de pétrole brut.

Représailles militaires et pressions économiques

Représailles militaires et pressions économiques
Photo: Courrier international

Téhéran a réagi dès l’aube ce dimanche. Les Gardiens de la Révolution ont annoncé le lancement de missiles et de drones vers le Koweït et Bahreïn. L’armée iranienne affirme avoir détruit huit infrastructures majeures de l’armée américaine, ciblant spécifiquement la base Ali al-Salem au Koweït et la base de la Cinquième flotte navale à Port Salman, à Bahreïn.

Le Koweït a fermement condamné cette attaque, la qualifiant de violation flagrante de sa souveraineté. Selon BFM, le ministère koweïtien des Affaires étrangères a dénoncé des agressions haineuses et répétées de la part de l’Iran, affirmant que ces actions compromettaient les efforts pour mettre fin à la guerre régionale.

L’Iran, de son côté, maintient sa détermination à défendre sa souveraineté face à ce qu’il qualifie d’agression américaine.

Le coût économique de ce conflit pèse lourdement sur la République islamique. En juin, l’inflation en Iran a bondi pour atteindre près de 89 %, un chiffre qui témoigne de la déstabilisation profonde de l’économie nationale sous la pression des hostilités.

Sur le plan politique, le président Donald Trump a durci son ton. Via son réseau Truth Social, il a accusé l’Iran d’avoir violé, ENCORE UNE FOIS, l’accord de cessez-le-feu !

Il se peut qu’un jour (…) nous soyons contraints de mener à bien par la force militaire la mission que nous avons si bien entamée. Si cela se produit, la République islamique d’Iran cessera d’exister !
Donald Trump, via Challenges

Cette menace d’anéantissement marque un tournant dans la rhétorique américaine, suggérant que Washington pourrait abandonner la voie diplomatique si le cadre du 17 juin ne peut être maintenu.

Instabilité persistante au front libanais

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Le front libanais s’embrase simultanément. Israël a mené de nouvelles frappes aériennes dans le sud du Liban, visant les abords des localités de Deir Seryan et Taybeh. Le ministère libanais de la Santé a confirmé un mort suite à ces opérations.

Ces attaques surviennent alors que le Liban et Israël venaient de signer un accord-cadre pour une paix durable. Cependant, ce texte est déjà contesté par le Hezbollah. Naïm Qassem, chef de l’organisation pro-iranienne, a qualifié l’accord de grave erreur, affirmant qu’il est humiliant, honteux, et représente un abandon de souveraineté.

L’Agence libanaise d’information (ANI) a précisé que ces bombardements israéliens s’inscrivent dans une série de frappes continues dans le sud du pays, rendant l’application de l’accord de paix quasi impossible sur le terrain.

Vision diplomatique iranienne et incertitudes régionales

Malgré les frappes, la diplomatie iranienne tente d’imposer sa propre vision de la sécurité régionale. Depuis Bagdad, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a appelé à la création d’un nouveau cadre de sécurité incluant tous les pays du Golfe, mais excluant toute influence étrangère.

Nous devrions parvenir à un nouveau cadre qui inclue tous les pays de la région et sans la présence ni l’ingérence d’aucun pays extérieur à la région.
Abbas Araghchi, via BFM

Araghchi a été particulièrement ferme sur la question du détroit d’Ormuz, avertissant que toute tentative d’imposer des dispositions séparées ou toute ingérence extérieure dans la gestion du passage risque d’accroître les tensions. Pour Téhéran, aucune institution ni aucun autre pays n’est responsable de la gestion du détroit en dehors du cadre prévu par le protocole d’accord avec Washington.

L’avenir immédiat de la région dépendra de la capacité des deux puissances à respecter le protocole du 17 juin ou, à l’inverse, de la volonté de Trump de passer à l’exécution de sa menace de force militaire totale. Le risque de blocage complet d’Ormuz demeure le principal levier, et la principale menace, pour l’économie mondiale.

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Vision diplomatique iranienne et incertitudes régionales
Photo: Challenges

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