Publié le 24 septembre 2025. Des chercheurs suédois ont mis au point une approche innovante de thérapie génique ciblant une protéine spécifique impliquée dans la récidive du médulloblastome, une tumeur cérébrale infantile agressive. Cette technique, qui utilise un virus modifié pour délivrer un traitement directement aux cellules tumorales, pourrait offrir une nouvelle lueur d’espoir aux enfants atteints de cette maladie.
- Une nouvelle thérapie génique cible les cellules tumorales du médulloblastome en exploitant la protéine SOX9, souvent présente en excès lors des rechutes.
- Cette approche, testée avec succès en laboratoire et sur des modèles animaux, pourrait permettre de réduire les doses de radiothérapie et ainsi limiter les effets secondaires à long terme.
- Les essais cliniques pourraient débuter dans les deux à trois prochaines années, sous réserve de financements suffisants.
Le médulloblastome est la tumeur cérébrale maligne la plus fréquente chez les enfants. Si les traitements actuels, combinant chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie, permettent une guérison dans environ trois cas sur quatre, ils peuvent entraîner des séquelles neurologiques et des troubles de la croissance en raison de leur impact sur les cellules saines du cerveau. De plus, une proportion significative de patients voit leur maladie récidiver, une rechute souvent associée à un pronostic sombre.
L’équipe du professeur Fredrik Swartling, à l’Université d’Uppsala, s’est concentrée sur la protéine SOX9, dont l’accumulation dans le noyau des cellules tumorales a été observée lors des rechutes. En identifiant les séquences d’ADN spécifiques auxquelles cette protéine se lie, les chercheurs ont conçu un virus capable d’infecter sélectivement les cellules cancéreuses. Ce virus agit comme un vecteur, introduisant dans les cellules tumorales une séquence SOX9 associée à une enzyme cytotoxique, c’est-à-dire capable de détruire les cellules.
« Notre approche fonctionne comme un cheval de Troie : le virus infecte d’abord les cellules tumorales et y délivre notre séquence SOX9 liée à une enzyme qui agit comme des mercenaires efficaces. Pendant quelques jours, nous restons discrets et attendons que SOX9 se lie aux séquences des cellules où elle s’est accumulée, celles que nous voulons éliminer. Lorsque cela se produit, nous activons le traitement avec notre médicament antiviral, qui donne l’ordre aux soldats du cheval de Troie de tuer efficacement les cellules cancéreuses en division. »
Fredrik Swartling, chercheur, Université d’Uppsala
Les premiers résultats, obtenus sur des cellules de patients atteints de médulloblastome et sur des modèles animaux, sont encourageants. Le médicament antiviral ganciclovir a démontré sa capacité à atteindre efficacement les tumeurs cérébrales. De plus, cette thérapie génique a montré une synergie prometteuse avec la radiothérapie, un traitement standard pour le médulloblastome.
« Si notre traitement améliore l’efficacité des radiations, il pourrait être possible d’utiliser des doses plus faibles pour éliminer les tumeurs des enfants, ce qui réduirait potentiellement les effets secondaires à long terme », explique Tina Lin, chercheuse impliquée dans les études précliniques.
Bien que cette technique soit encore au stade expérimental, les chercheurs travaillent activement à développer des versions cliniquement viables de leur approche, qui pourraient être utilisées dans le cadre d’une thérapie génique. Il est important de noter qu’au moins huit thérapies géniques basées sur des virus similaires ont déjà été approuvées pour d’autres pathologies.
« Nous espérons commencer les essais cliniques d’ici deux à trois ans, mais cela nécessite un financement important. Malheureusement, ce type de thérapie génique reste très coûteux. Nous espérons que les coûts diminueront avec le temps, étant donné que le virus que nous avons utilisé s’est non seulement révélé sûr, mais qu’il possède également une incroyable capacité à pénétrer les cellules cancéreuses situées profondément dans les organes ou dans des endroits difficiles d’accès comme le cerveau. »
Fredrik Swartling, chercheur, Université d’Uppsala
Source:
Référence du journal :
Lin, T., et al. (2025). A cytotoxic gene therapy targeting treatment-resistant SOX9-positive medulloblastoma. Neuro-Oncology Pediatrics. doi: 10.1093/neuped/wuaf005. https://academic.oup.com/neuro-onc-peds/article/1/1/wuaf005/8249248
