Publié le 8 octobre 2025 à 16h50. Le spécialiste suédois du bonheur, Micael Dahlen, a partagé ses réflexions sur la quête du bien-être lors d’une conférence à l’Université du Nord, révélant qu’il ne se sent pas lui-même « complètement heureux » et qu’il considère le bonheur comme un processus continu.
- Micael Dahlen, professeur et conférencier en bien-être, estime que le bonheur n’est pas un état binaire mais une échelle où l’on peut progresser.
- Il souligne l’importance de l’unité et de la cohérence dans la recherche du bien-être, s’appuyant sur ses recherches en marketing, créativité et comportement du consommateur.
- Dahlen a présenté son modèle TACK (Union, Agencement, Cohérence, Cinétique) comme un cadre pour comprendre les facteurs contribuant au bonheur en Suède.
Barranquilla, Colombie – Le « gourou suédois du bonheur », Micael Dahlen, a récemment animé un débat à l’Université du Nord dans le cadre de Chaire Europe 2025. Loin de l’image d’un homme constamment rayonnant, le professeur de la Stockholm School of Economics (Suède) a avoué lors d’une interview avec El Heraldo qu’il ne se considérait pas comme « complètement heureux ». Cette confession, loin d’être un paradoxe, illustre sa vision nuancée du bien-être.
Micael Dahlen était à Barranquilla pour présenter « Le secret suédois du bonheur et de la prospérité » devant un public attentif réuni à l’Auditorium Los Fundadores. Il a expliqué que sa propre quête du bonheur est précisément ce qui l’a conduit à étudier ce domaine.
« Je suis heureux de dire que, même si j’y travaille, c’est une joie d’avoir cela dans ma description de poste, de comprendre comment être heureux. Je ne dirais pas que je suis complètement heureux. Je fais partie de ces personnes qui se réveillent le matin pas très heureuses. Et c’est aussi une des raisons pour lesquelles je m’intéresse tant au bonheur, à comprendre, d’accord, mais que puis-je faire du temps dont je dispose pour être heureux ? »
Micael Dahlen, professeur et conférencier en bien-être
Dahlen insiste sur le fait que le bonheur n’est pas une destination, mais un cheminement. Il le compare à une échelle, où l’on peut se situer à différents niveaux, et où il est toujours possible de progresser. Il rejette l’idée d’une dichotomie entre « heureux » et « malheureux », préférant une approche plus graduelle et proactive.
Le professeur, âgé de 52 ans, a également partagé une réflexion personnelle sur son propre parcours. Il se décrit comme un « travail en cours », en constante évolution et apprentissage. Il a montré l’un de ses 13 tatouages, représentant un homme en action avec une pelle, symbolisant ce processus de construction de soi.
Dahlen a expliqué qu’il était possible de mesurer le bonheur de différentes manières, notamment en observant la fréquence cardiaque et l’activité musculaire. Il a également souligné l’importance des facteurs externes, tels que les relations sociales et l’environnement.
« Vous pouvez voir les choses sous différents angles. L’un est la façon dont se fait le bonheur, par exemple, 20% des personnes qui partagent vos gènes, 30% des personnes avec qui vous vivez et 50% sont des personnes extérieures. 50% vient de ce que vous faites dans le contexte dans lequel vous travaillez et, sur ces 50%, de la cohérence entre les différentes étapes de votre vie. »
Micael Dahlen, professeur et conférencier en bien-être
Il a fait un parallèle avec le climat de son pays, la Suède, qui figure régulièrement parmi les nations les plus heureuses du monde (4ème place selon le « World Happiness Report » 2025, devant les Pays-Bas, le Costa Rica, la Norvège, Israël, le Luxembourg et le Mexique). Il a noté que, tout comme le soleil est essentiel au bien-être, l’interaction sociale et la convivialité jouent un rôle crucial.
Dahlen a conclu en présentant son modèle TACK (Union, Agencement, Cohérence, Cinétique), fruit de ses recherches, qui met en évidence quatre facteurs clés expliquant le bonheur en Suède. Il a souligné que ces facteurs expliquent jusqu’à 75 % des variations observées.
Le professeur Dahlen a exprimé son enthousiasme à l’égard de la Chaire Europe et de l’Université du Nord, saluant leur engagement à promouvoir l’échange culturel et le partage des connaissances.
