Publié le 17 octobre 2025 à 02:53:00. L’armée américaine a intensifié ses opérations contre le trafic de drogue dans les Caraïbes, avec une nouvelle frappe contre un navire suspect et un changement de commandement inattendu au sein des forces américaines en Amérique latine, suscitant des inquiétudes et des critiques internationales.
- L’armée américaine a mené une nouvelle attaque contre un navire soupçonné de trafic de drogue dans les Caraïbes, avec des survivants signalés parmi l’équipage.
- Le Venezuela a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à enquêter sur les frappes américaines, les qualifiant d’illégales et de violation de sa souveraineté.
- Le commandant des forces américaines en Amérique latine doit quitter son poste plus tôt que prévu, alimentant les spéculations sur des tensions internes.
Les tensions s’intensifient dans la région des Caraïbes alors que les États-Unis multiplient les opérations militaires contre le trafic de drogue. Depuis début septembre, l’armée américaine a attaqué à cinq reprises des embarcations suspectes, entraînant la mort d’au moins 27 personnes. Le gouvernement américain justifie ces actions par la nécessité de lutter contre le trafic de stupéfiants, mais cette approche suscite de vives critiques, certains experts juridiques les qualifiant d’exécutions extrajudiciaires.
Jeudi, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a annoncé le départ anticipé de l’amiral Alvin Holsey, commandant des forces américaines en Amérique latine. L’amiral Holsey, en poste depuis seulement un an, devait normalement exercer ses fonctions pendant trois ans. Selon l’agence Reuters, cette décision serait liée à des tensions entre Holsey et Hegseth, bien que le lien éventuel avec les opérations américaines dans les Caraïbes reste incertain.
Le Venezuela a réagi vivement à ces opérations, saisissant le Conseil de sécurité de l’ONU. Dans une lettre consultée par Reuters, l’ambassadeur vénézuélien auprès de l’ONU, Samuel Moncada, accuse les États-Unis d’attaquer des « navires civils » en eaux internationales et demande une enquête pour « déterminer leur illégalité ». Le Venezuela réclame également une déclaration réaffirmant « le principe du plein respect de la souveraineté, de l’indépendance politique et de l’intégrité territoriale des États », y compris le Venezuela.
Le président vénézuélien Nicolás Maduro a également dénoncé les actions américaines, affirmant que même si la CIA a souvent été impliquée dans des coups d’État à travers le monde, aucune administration précédente n’avait publiquement ordonné à l’agence de « tuer, renverser et détruire des pays ».
Cependant, toute action du Conseil de sécurité de l’ONU est susceptible d’être bloquée par le droit de veto des États-Unis, membre permanent du Conseil. Une première réunion sur les tensions dans la région s’est tenue la semaine dernière, à l’initiative du Venezuela, de la Russie et de la Chine.
Parallèlement, le Venezuela renforce sa présence militaire à sa frontière avec la Colombie. Des patrouilles et des contrôles ont été intensifiés aux postes frontières, et des forces armées ont été déployées autour du pont international Simón Bolívar. Le commandant des forces armées vénézuéliennes à Táchira, le général Michell Valladares, a annoncé le déploiement de 17 000 soldats, tandis que le commandant de l’armée vénézuélienne en Amazonas, le général Lionel Sojo, a souligné que ces mesures visaient à accroître l’état de préparation des forces armées. Des troupes supplémentaires sont également positionnées le long des côtes vénézuéliennes.
Rappelons que le président américain Donald Trump a publié mardi une vidéo sur les réseaux sociaux montrant une frappe aérienne similaire, affirmant que six personnes avaient été tuées à bord du navire attaqué.
