Publié le 10 décembre 2025 07:37:00. D’ici cinq à dix ans, l’industrie manufacturière pourrait être radicalement transformée par l’arrivée massive de robots humanoïdes dotés d’intelligence artificielle, selon le PDG d’Arm. Cette évolution pourrait non seulement automatiser une grande partie des tâches en usine, mais aussi remodeler la concurrence mondiale.
- René Haas, PDG d’Arm, prévoit un remplacement significatif de la main-d’œuvre industrielle par des robots humanoïdes dans les cinq prochaines années.
- Contrairement aux robots industriels traditionnels, spécialisés dans une seule tâche, les robots humanoïdes à usage général, combinés à l’IA physique, peuvent être reprogrammés rapidement pour effectuer diverses opérations.
- La concentration de la chaîne d’approvisionnement des semi-conducteurs, avec des acteurs clés comme TSMC et ASML, représente un point de vulnérabilité majeur pour le secteur.
L’automatisation des usines pourrait connaître une accélération sans précédent grâce à l’essor des robots humanoïdes, a déclaré René Haas lors de la conférence Fortune Brainstorm AI à San Francisco. Ces machines, alimentées par l’intelligence artificielle, présentent un avantage considérable par rapport aux bras robotiques et autres systèmes d’automatisation actuellement en place.
Les robots industriels classiques sont conçus pour une fonction spécifique, avec un matériel et des logiciels optimisés pour cette tâche unique. Un robot dédié au picking et au placement, par exemple, ne peut rien faire d’autre. En revanche, les robots humanoïdes à usage général, associés à une « IA physique » de plus en plus sophistiquée, sont capables de s’adapter et d’apprendre en temps réel. Ils peuvent ainsi effectuer différentes tâches en modifiant rapidement leurs instructions.
« Je pense qu’au cours des cinq prochaines années, de grandes parties du travail en usine seront remplacées par des robots, et cela s’explique en partie par le fait que ces robots physiques à IA peuvent être reprogrammés pour différentes tâches. »
René Haas, PDG d’Arm
Haas a souligné que la capacité de reprogrammation est un atout majeur. Selon lui, un robot humanoïde doté d’une IA intégrée et capable d’apprendre par l’expérience pourrait remplacer un grand nombre d’ouvriers d’usine.
Cette perspective soulève des inquiétudes croissantes quant à l’impact sur l’emploi et le marché du travail. Les décideurs politiques et les experts du secteur explorent différentes solutions, allant de la reconversion professionnelle à la mise en place d’un revenu de base universel.
L’adoption généralisée de l’IA physique pourrait également modifier la dynamique de la concurrence mondiale, en automatisant une grande partie du travail en usine et en nivelant potentiellement les règles du jeu. Haas a qualifié l’IA physique de « formidable catalyseur » dans ce processus.
Il a également cité les véhicules autonomes de Waymo comme un exemple concret du potentiel de l’IA physique. Il a suggéré que les prochaines générations de systèmes autonomes pourraient nécessiter moins de matériel, en s’appuyant davantage sur l’intelligence artificielle et moins sur la collecte exhaustive de données grâce à des capteurs.
La chaîne d’approvisionnement des semi-conducteurs : un point de faiblesse
Arm, qui conçoit et licencie l’architecture utilisée dans les processeurs fabriqués par des entreprises telles que Qualcomm et Apple, est particulièrement sensible aux enjeux de la chaîne d’approvisionnement. Les puces basées sur les conceptions d’Arm sont omniprésentes, des smartphones aux voitures en passant par les serveurs, et la plupart des individus utilisent entre 50 et 100 puces Arm au quotidien.
Cette large diffusion et cette part de marché témoignent de l’efficacité énergétique et des performances des puces Arm. Cependant, elles mettent également en évidence les risques liés à la concentration de la chaîne d’approvisionnement.
« La chaîne d’approvisionnement des semi-conducteurs présente de nombreux points de défaillance. Il y a TSMC, qui se trouve dans une partie du monde très évidemment intéressante du point de vue géopolitique. Il y a aussi un dispositif très sophistiqué qui doit être intégré dans ces usines et qui vient d’une seule entreprise sur la planète… appelé ASML. »
René Haas, PDG d’Arm
La pandémie de COVID-19 a mis en lumière ces fragilités, entraînant des pénuries de puces qui ont perturbé la production automobile. Haas a souligné que cette crise était « simplement une fonction de la chaîne d’approvisionnement des semi-conducteurs qui présente de nombreux points de défaillance uniques ». L’ensemble du secteur, a-t-il conclu, « apprend à vivre avec » cette concentration des risques.
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