Un coiffeur rom de Badajoz a porté plainte auprès de la police nationale après avoir été la cible de menaces de mort et de propos racistes sur Facebook, suite à une publication dans la presse locale appelant à une meilleure formation pour sa communauté. Ces messages haineux, selon lui, révèlent un racisme latent et profondément préoccupant dans la ville.
Víctor Montes a déposé sa plainte le 18 décembre, fournissant des captures d’écran de commentaires particulièrement virulents apparus après la publication d’un article dans La Crónica de Badajoz. Dans cet article, il plaidait pour des mesures concrètes de la part du futur gouvernement régional d’Estrémadure afin d’améliorer l’accès à l’éducation et à la formation professionnelle pour les Roms, dans le but de lutter contre les préjugés historiques.
Parmi les propos dénoncés, on retrouve des affirmations telles que « les mauvaises races doivent être exterminées » ou encore « une purge serait nécessaire ». « Ce que je dénonce, c’est ce point précis : on nous souhaite un purgatoire et une extermination, à l’heure actuelle », a-t-il expliqué. « C’est un délit de haine parce qu’ils nous souhaitent la mort », a-t-il insisté.
Bien que de nombreux commentaires offensants aient été publiés, M. Montes n’a porté plainte que contre une personne en particulier. « Il y a beaucoup de commentaires que je n’ai pas dénoncés car je ne pense pas qu’ils aient suffisamment de poids, même s’ils contiennent toujours de la haine », a-t-il précisé. Il estime que les messages dénoncés sont particulièrement graves : « Au XXIe siècle, qu’on continue de nous souhaiter la mort, c’est inacceptable. C’est ce qui me blesse le plus, car cela me fait sentir que, dans la rue, les gens souhaitent ma mort simplement parce que je suis rom. »
M. Montes rejette fermement les généralisations concernant sa communauté. « Je demande simplement à être traité sur un pied d’égalité dans tous les domaines. Si quelqu’un est paresseux, qu’on le nomme et qu’on le blâme personnellement. De même que si une personne non-rom est malhonnête, je ne vais pas en tenir tous les autres pour responsables », a-t-il déclaré.
Il a également relaté avoir subi des agressions verbales tout au long de sa vie. Il se souvient notamment d’un incident survenu alors qu’il travaillait comme coiffeur dans un grand magasin : « J’allais servir une dame et elle m’a dit que, parce que j’étais rom, elle ne voulait pas que je la coiffe. » Pour lui, le problème est structurel et persistant : « Il faudrait éliminer tous les stéréotypes et arrêter de catégoriser les gens. Chaque personne est le produit de ses parents. Pourquoi devrais-je payer pour les erreurs des autres ? »
M. Montes, qui travaille comme coiffeur depuis l’âge de 18 ans, souligne son expérience professionnelle de 14 ans : « Tout le monde me considère comme quelqu’un de très travailleur, et je crois l’avoir prouvé », a-t-il affirmé, en réponse à ceux qui associent la population rom au chômage ou à la fraude.
Il dénonce également des situations récentes de discrimination dans son environnement. « J’ai été témoin de la façon dont mes amis, parce qu’ils sont roms, ne se sont pas vus refuser l’entrée dans des bars au bord du fleuve Guadiana. Si c’est un rom, il n’entre pas. Je vois ça chaque week-end », assure-t-il. Il relate également des cas de rejet lors de recherches d’emploi : « Il y a des gens qui vont chercher du travail et, rien qu’en voyant leur visage, on sait qu’ils ne seront pas embauchés parce qu’ils sont roms. »
Ces événements ont un impact psychologique important sur les personnes roms. Pour M. Montes, cela l’a profondément affecté : « Cela me fait douter de mes propres origines, alors qu’être rom est la plus belle chose qui puisse arriver. » Il confie ne pas avoir imaginé qu’il y ait encore autant de racisme déguisé à Badajoz. Il lance un appel à la société : « Soutenez cette minorité qui se bat pour obtenir ses droits et son égalité. » Il conclut : « Nous ne voulons pas de privilèges spéciaux, juste un traitement égal. C’est tout. »
