Publié le 16 octobre 2023 10:22:00. L’Orlando Pirates, club sud-africain, conteste sa défaite aux tirs au but face à Saint-Eloi Lupopo (République démocratique du Congo) en Ligue des champions de la CAF, en déposant des plaintes formelles concernant l’éligibilité de joueurs et de l’entraîneur de l’équipe congolaise.
- Orlando Pirates a déposé trois plaintes auprès de la CAF concernant l’entraîneur de Lupopo et deux de ses joueurs.
- Les allégations portent sur une suspension antérieure de l’entraîneur, un transfert irrégulier d’un joueur et la possible détention de deux passeports par un autre.
- La CAF a confirmé l’ouverture d’une enquête, mais un arbitre vétéran exprime des doutes sur le bien-fondé des protestations.
La qualification pour la phase de groupes de la Ligue des champions de la CAF est désormais suspendue à des décisions administratives, après un parcours tumultueux pour Orlando Pirates. Les Sud-Africains ont d’abord subi une défaite 3-0 à Lubumbashi, avant de renverser la situation en remportant 3-0 à Soweto. La qualification s’est finalement jouée aux tirs au but, où Lupopo a pris le dessus (5-4). Mais l’histoire ne s’arrête pas là : les Pirates ont immédiatement déposé trois plaintes distinctes auprès de la Confédération africaine de football (CAF), contestant l’éligibilité de plusieurs membres de l’équipe adverse.
Les accusations sont graves. Orlando Pirates affirme que Guy Bukasa, l’entraîneur de Saint-Eloi Lupopo, était sous le coup d’une suspension de la CAF suite à un incident survenu lors de la Coupe d’Afrique des Nations des moins de 20 ans et n’aurait donc pas dû diriger l’équipe. De plus, le club sud-africain allègue que le joueur Henoc Molia a été enregistré en dehors de la période de transfert autorisée. Enfin, l’enregistrement du joueur Ramos Kashala Wanet est contesté, les Pirates suspectant qu’il possède deux passeports, ce qui constituerait une violation des règlements de la CAF.
La CAF a confirmé avoir reçu les plaintes et a indiqué que ses instances judiciaires les examinaient. Lux September, responsable de la communication de la CAF, a souligné l’indépendance du processus :
« Quand ? Je ne sais pas. Comment ? Je ne sais pas. Quoi ? Je ne sais pas. C’est un processus indépendant qui se déroule, et nous le respectons, et nous créons ce mur entre le côté administratif et les organes judiciaires qui existent. Nous traverserons donc ce pont lorsque nous y arriverons. »
Lux September, responsable de la télévision et de la communication de la CAF
Un précédent pourrait jouer en faveur des Pirates. En 2016, les Mamelodi Sundowns avaient été réintégrés dans la compétition après la disqualification de l’AS Vita Club pour avoir aligné un joueur non éligible. Si l’appel d’Orlando Pirates aboutissait, le club sud-africain pourrait prendre la place de Saint-Eloi Lupopo dans le groupe C, aux côtés des Mamelodi Sundowns, d’Al-Hilal (Soudan) et du MC Alger. La phase de groupes de la Ligue des champions de la CAF doit débuter le week-end du 21 au 23 novembre, ce qui laisse peu de temps pour une décision.
Cependant, l’optimisme des Pirates n’est pas partagé par tous. Victor Hlongwane, un arbitre expérimenté surnommé « The Principal », a exprimé des réserves quant à la solidité de l’appel. Il a notamment souligné la complexité de prouver la détention de deux passeports par un joueur :
« Si vous dites que quelqu’un a deux passeports, combien de joueurs ont deux passeports ? Denis Onyango a deux passeports, Kennedy Mweene en a deux. Maintenant, vous continuez et dites que vous protestez contre quoi, les joueurs ? »
Victor Hlongwane, arbitre vétéran
Hlongwane a également mis en doute l’impact d’une protestation contre l’entraîneur, soulignant que l’arbitre s’appuie sur le système informatique de la CAF pour vérifier l’éligibilité des joueurs :
« Le CMS qui a les joueurs sur le système, si le joueur est suspendu, le CMS refusera la même chose que la PSL. Si vous frappez le joueur suspendu, le CMS dira non, le joueur n’est pas éligible. »
Victor Hlongwane, arbitre vétéran
Jean-Luc Kapend, le PDG de Saint-Eloi Lupopo, a quant à lui rejeté les plaintes des Pirates, les qualifiant de « sans fondement » et affirmant que son équipe participera bel et bien à la phase de groupes.
L’issue de cette affaire sera suivie de près par l’ensemble de la communauté footballistique africaine. Elle illustre la manière dont les décisions prises en dehors du terrain peuvent influencer le déroulement des compétitions continentales et met en lumière les tensions entre les résultats sportifs et les procédures judiciaires régissant l’éligibilité des joueurs et des entraîneurs.
