Publié le 22 octobre 2025. La célèbre bambouseraie d’Arashiyama, à Kyoto, est victime de vandalisme : des centaines de tiges ont été dégradées par des inscriptions laissées par des visiteurs, menaçant l’intégrité de ce site emblématique.
- Au moins 350 tiges de bambou ont été endommagées par des graffitis gravés à l’aide de couteaux et de clés.
- Les autorités craignent que ces sculptures n’entraînent la pourriture et l’effondrement des tiges, causant des dommages permanents.
- Le regain du tourisme après la pandémie a exacerbé le problème, ravivant les préoccupations liées au « tourisme nuisible » (meiwaku).
La sérénité de la bambouseraie d’Arashiyama, l’un des lieux les plus photographiés du Japon, est désormais troublée. Une récente inspection a révélé l’ampleur des dégradations : au moins 350 tiges de bambou portent les stigmates de l’irrespect de certains visiteurs. Des initiales, des messages et divers symboles ont été gravés dans le bois tendre, laissant des cicatrices profondes.
Selon les autorités locales, les conséquences de ces actes de vandalisme dépassent le simple aspect esthétique. Les incisions profondes fragilisent les tiges, les rendant vulnérables à la pourriture et à l’effondrement. Une fois gravées, ces marques restent visibles tout au long de la vie de la plante, perturbant l’harmonie naturelle du bosquet.
« Une fois sculptées, les cicatrices du bambou resteront visibles pour le reste de la vie de la plante »,
Autorités locales
L’étude des graffitis révèle une diversité d’origines. Si la majorité des inscriptions sont en lettres romaines, des caractères japonais, chinois et coréens ont également été identifiés, suggérant que le vandalisme est le fait de touristes de différentes nationalités.
Face à cette situation, les autorités envisagent de couper les tiges les plus gravement endommagées pour des raisons de sécurité. Des bénévoles se sont également mobilisés pour tenter de masquer les inscriptions à l’aide de ruban adhésif vert, une solution provisoire et imparfaite.
Ce n’est pas la première fois qu’Arashiyama est confrontée à ce type de dégradation. En 2018, une vague similaire de vandalisme avait incité les habitants et les moines du temple Tenryuji voisin à lancer une campagne de sensibilisation pour protéger le site. Les efforts conjugués et la forte baisse du tourisme pendant la pandémie avaient permis d’atténuer le problème, mais le retour des visiteurs a relancé les actes de vandalisme.
Le terme japonais « meiwaku », qui désigne un comportement nuisible ou importun, est revenu sur le devant de la scène à Kyoto, témoignant du regain des tensions liées au surtourisme. Partout au Japon, des incidents similaires sont signalés : touristes escaladant des portes sacrées, visiteurs ivres endommageant des temples… Ces actes alimentent le mécontentement de la population et les appels à une réglementation plus stricte.
L’Association du tourisme de la ville de Kyoto a lancé un appel à la retenue et à la sensibilité culturelle auprès des visiteurs. Elle craint que les comportements irrespectueux ne conduisent à un sentiment anti-touristique croissant, pénalisant ainsi les voyageurs responsables.
« Les étrangers sensés, qui subiront malheureusement les contrecoups d’un sentiment anti-tourisme croissant »,
Week-end à Tokyo
La situation à Arashiyama illustre une érosion inquiétante du respect pour le patrimoine japonais, un problème qui préoccupe de plus en plus les autorités et les habitants.
