Publié le 14 décembre 2025 à 18h20. Le géant immobilier chinois Vanke est au bord du défaut de paiement sur ses obligations, révélant une crise immobilière qui s’étend au-delà des promoteurs les plus fragiles et inquiétant les investisseurs nationaux.
- Vanke, autrefois considéré comme le promoteur le plus solide de Chine, est incapable de rembourser plus de 241 millions d’euros (environ 265 millions de dollars américains) à ses obligataires à l’échéance fixée.
- Trois tentatives de report de paiement ont échoué, malgré des concessions offertes aux détenteurs d’obligations, témoignant d’une perte de confiance généralisée.
- La situation de Vanke, qui entretient des liens étroits avec le gouvernement, soulève des craintes quant à l’ampleur de la crise immobilière et à la capacité des autorités à la maîtriser.
Les difficultés de Vanke, qui avait longtemps bénéficié d’une réputation de gestion prudente et de liens privilégiés avec le gouvernement, marquent un tournant dans la crise immobilière chinoise. L’entreprise, dont le principal actionnaire est Shenzhen Metro, une entreprise publique, était perçue comme un investissement relativement sûr. Cependant, elle se retrouve désormais au cœur d’une tempête financière qui menace de s’étendre.
Vanke avait émis plusieurs séries d’obligations nationales importantes entre 2021 et 2023, avec des échéances de trois à cinq ans. L’entreprise cherchait à obtenir des reports de paiement pour un total de plusieurs centaines de millions d’euros, mais les investisseurs se sont montrés intransigeants, craignant de ne pas être remboursés dans un contexte de crise immobilière persistante. Aucune des propositions de Vanke n’a recueilli suffisamment de voix pour être approuvée.
Selon l’agence de presse Reuters, Vanke a obtenu un délai supplémentaire de cinq jours pour trouver une solution mais les perspectives restent sombres. Une autre émission obligataire, d’un montant de 447 millions d’euros (environ 490 millions de dollars américains), arrivera à échéance dans deux semaines, ajoutant à la pression financière.
La crise de Vanke s’inscrit dans un contexte plus large de difficultés rencontrées par le secteur immobilier chinois. En 2020, le gouvernement a introduit des exigences de crédit plus strictes, ce qui a rendu plus difficile pour les promoteurs d’accéder à de nouveaux financements. Cette situation, combinée à une baisse des ventes de logements, a conduit à des problèmes de paiement pour plusieurs géants de l’immobilier, tels qu’Evergrande et Country Garden. La situation d’Evergrande avait déjà suscité des inquiétudes en 2021.
La crise immobilière a entraîné l’arrêt de nombreux projets de construction, laissant des acheteurs sans leur logement, qu’ils avaient déjà payé. Selon la banque d’investissement américaine Goldman Sachs, les prix de l’immobilier en Chine ont chuté de 20 % entre 2020 et 2024, et cette tendance devrait se poursuivre cette année. Cette baisse des prix a également des conséquences sur l’épargne des Chinois, qui considèrent souvent l’immobilier comme un investissement pour la retraite.
La situation de Vanke est d’autant plus préoccupante que les obligations concernées ont été émises auprès d’investisseurs nationaux. Contrairement aux défauts de paiement précédents, qui ont principalement touché les investisseurs étrangers, la crise de Vanke menace directement l’épargne des citoyens chinois. Cela soulève des questions sur la capacité du gouvernement à intervenir et à stabiliser le secteur, et sur la sécurité des investissements dans les entreprises liées à l’État.
Cette incertitude, exacerbée par les conséquences de la pandémie de coronavirus, continue de peser sur l’économie chinoise. La reprise de la croissance économique reste fragile. En 2020, la Banque centrale européenne estimait que le secteur de la construction et de l’immobilier représentait environ 15 % du produit intérieur brut de la Chine, soulignant son importance cruciale pour l’économie du pays. Malgré les mesures de relance mises en place par le gouvernement, la confiance des consommateurs reste faible et les dépenses sont contenues.
