Une nouvelle identité pour « réveiller » la Suisse
L’assemblée des délégués réunie à la Rythalle de Soleure a marqué une rupture visuelle et symbolique. Selon Le Temps, le parti a adopté une identité graphique renouvelée, caractérisée par un bleu plus vif et un logo épuré. Cette modernisation accompagne le lancement d’un clip de campagne intitulé « La Suisse se réveille », qui sera diffusé dans tout le pays durant l’été.
Le déploiement scénographique a été pensé pour incarner l’énergie du parti. Damian Müller, désigné directeur de campagne pour le scrutin du 24 octobre 2027, a fait installer un réveil géant aux couleurs du PLR sur scène. Comme le rapporte la RTS, cette mise en scène souligne la volonté du parti de représenter les citoyens prêts à prendre leurs responsabilités et à faire bouger les lignes.
Travail, sécurité et infrastructures : le triptyque prioritaire

Le programme du PLR s’articule autour de trois piliers concrets visant à répondre aux tensions économiques et sociales actuelles. Le parti identifie plusieurs urgences : la pénurie de logements, le coût élevé des primes d’assurance maladie et la garantie d’un approvisionnement électrique sécurisé.
Le déploiement stratégique se divise ainsi :
L’enjeu est ici de présenter une alternative pragmatique face à ce que le parti considère comme des obstacles à la prospérité, situés aussi bien à gauche qu’à droite de l’échiquier politique.
L’absence de « volonté politique » comme diagnostic
Au-delà des thématiques, la direction du PLR a dressé un constat sévère sur l’inertie institutionnelle. Pour Susanne Vincenz-Stauffacher, coprésidente du parti, l’objectif n’est pas de produire des slogans, mais d’apporter des réponses concrètes.
« Nous voulons ni plus ni moins que créer les conditions nécessaires pour construire la Suisse de demain »
Susanne Vincenz-Stauffacher, coprésidente du PLR
Cette ambition se heurte, selon Benjamin Mühlemann, coprésident et conseiller aux États, à un blocage politique. D’après Frapp, Mühlemann estime que les solutions techniques sont déjà disponibles — notamment concernant la numérisation, la réduction de la bureaucratie et l’optimisation de la main-d’œuvre qualifiée nationale.
« la volonté politique de mettre enfin en œuvre ces mesures »
Benjamin Mühlemann, coprésident du PLR
En affirmant que la prospérité helvétique n’est pas acquise, le PLR tente de mobiliser son électorat autour d’une idée d’urgence, refusant de « se reposer sur ses lauriers » dans un contexte international incertain.
Neutralité et matériel de guerre : un alignement stratégique
L’assemblée de Soleure a également servi de plateforme pour trancher sur des dossiers législatifs et constitutionnels brûlants. Le PLR a officiellement rejeté l’initiative populaire « Sauvegarder la neutralité suisse », portée par Pro Suisse et des membres de l’UDC.
Cette initiative, qui souhaite définir la neutralité helvétique comme « perpétuelle et armée » et interdire la coopération technique avec l’OTAN ou l’application de sanctions, est jugée dangereuse par le parti. Simon Michel, conseiller national de Soleure, a qualifié ce texte de « tromperie ». Ce positionnement rejoint celui du conseiller fédéral Ignazio Cassis, qui a affirmé que la neutralité actuelle fonctionne et que la Constitution ne doit pas être alourdie par des formulations créant davantage d’incertitude.
Parallèlement, les délégués ont donné leur feu vert à la révision de la loi sur le matériel de guerre, signalant une volonté de moderniser les capacités de défense et d’exportation du pays.
Le duel pour le leadership libéral face au Centre
L’offensive lancée à Soleure dépasse le simple cadre programmatique ; elle s’inscrit dans une lutte pour la survie et l’influence au sein du gouvernement. Le PLR cherche non seulement à gagner des sièges au Parlement, mais surtout à contrer l’ascension du Centre.
L’enjeu est critique : Le Centre convoite l’un des deux sièges libéraux-radicaux au Conseil fédéral. En se positionnant comme le parti de l’action et de la responsabilité, le PLR tente de reprendre l’initiative politique et de verrouiller son assise au sein de l’exécutif fédéral avant l’échéance de 2027.
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