Publié le 24 octobre 2024 à 14h03. Les fabricants de substituts de viande à base de plantes aux Pays-Bas reçoivent des avertissements de l’autorité néerlandaise de sécurité alimentaire et des produits de consommation (NVWA) concernant l’utilisation du terme « gehakt » (haché) sur leurs emballages, une décision qui intervient alors que l’Union européenne examine également de près la dénomination de ces produits.
- La NVWA exige que les producteurs modifient la dénomination de leurs produits, sous peine de sanctions financières.
- Cette demande s’inscrit dans un contexte plus large de réglementation européenne visant à clarifier la dénomination des alternatives à la viande.
- Les fabricants estiment que cette interprétation de la loi est excessive et qu’elle pourrait nuire à la clarté pour les consommateurs.
L’autorité néerlandaise de sécurité alimentaire et des produits de consommation (NVWA) a envoyé des avertissements à trois fabricants et trois chaînes de supermarchés nationales concernant l’utilisation du terme « gehakt » (haché) pour désigner leurs produits à base de plantes. La NVWA estime que cette dénomination est en infraction avec le décret sur la viande, le haché et les produits carnés, qui réserve le terme « gehakt » aux produits dérivés de protéines animales.
La Green Protein Alliance, qui représente les producteurs de substituts de viande et les supermarchés, conteste cette interprétation. Selon Jessie van Hattum, porte-parole de l’association, la loi de 1998 visait initialement à garantir la sécurité alimentaire des produits d’origine animale et n’était pas destinée à restreindre la dénomination des alternatives végétales.
« Le terme ‘gehakt’ ne devrait pas être interdit pour les produits à base de plantes, car il est clair qu’ils sont fabriqués à partir de sources végétales. »
Jessie van Hattum, Green Protein Alliance
La NVWA pourrait imposer des amendes, voire des pénalités de retard, si les fabricants ne se conforment pas à ses exigences. Selon une source proche du dossier, « la première amende n’est qu’un simple courriel ». Les supermarchés, tels qu’Albert Heijn et Jumbo, sont également concernés par cet avertissement, car ils commercialisent leurs propres marques de substituts de viande hachée.
Cette décision intervient alors que l’Union européenne examine également de près la dénomination des substituts de viande. Le Parlement européen a récemment adopté une proposition interdisant l’utilisation de termes tels que « burger », « schnitzel » ou « saucisse » pour désigner les produits à base de plantes. La Commission européenne doit maintenant élaborer ce texte, qui devra ensuite être adopté par les États membres.
Rutger Rozendaal, directeur de De Vegetarische Slager (Le Boucher Végétarien), l’un des principaux fabricants de substituts de viande, a exprimé sa surprise face à cet avertissement.
« Nous sommes extrêmement déçus par cette situation. Nous n’avons jamais reçu de plaintes de la part des consommateurs concernant l’utilisation du terme ‘gehakt’. C’est une véritable surprise. »
Rutger Rozendaal, directeur de De Vegetarische Slager
L’entreprise utilise ce terme depuis 15 ans, estimant qu’il permet aux consommateurs de comprendre facilement comment utiliser le produit dans leurs recettes.
La NVWA justifie son action en expliquant qu’elle s’inscrit dans le cadre d’un projet de contrôle plus large concernant les additifs alimentaires et leur étiquetage sur les substituts de viande et de poisson. L’autorité affirme avoir constaté des infractions qu’elle ne peut ignorer. Cependant, pour De Vegetarische Slager, il s’agit d’une situation déjà rencontrée en 2012 et 2017, qui avait alors conduit à l’adoption de la variante orthographique « rul gehackt » (avec les lettres C et K), qui reste autorisée à ce jour.
La Green Protein Alliance souligne l’importance de maintenir une place claire et visible pour les produits à base de plantes dans les magasins, afin de faciliter le choix des consommateurs et de promouvoir un équilibre entre les produits d’origine animale et végétale.

