Publié le 16 octobre 2025 09:56:00. L’industrie automobile européenne est confrontée à une crise de surproduction et à une concurrence accrue de la Chine, qui pourrait entraîner la fermeture de jusqu’à huit usines sur le continent. Stellantis, en particulier, est durement touché par cette situation.
- Les constructeurs européens pourraient perdre entre un et deux millions de ventes de véhicules au profit des marques chinoises dans les prochaines années.
- Les usines européennes de Stellantis, notamment celles produisant des modèles Alfa Romeo, sont les plus vulnérables, avec un taux d’utilisation de seulement 45 % de leur capacité.
- La fermeture d’une usine automobile de grande taille représente un coût estimé à 1,5 milliard d’euros et un processus pouvant durer entre un et trois ans.
L’industrie automobile européenne se trouve à un tournant. Une capacité de production excédentaire, combinée à une demande en baisse et à l’ascension fulgurante des constructeurs chinois, met une pression considérable sur les acteurs traditionnels du marché. Selon une analyse du cabinet de conseil AlixPartners, le scénario actuel pourrait se traduire par la fermeture de jusqu’à huit usines automobiles en Europe.
Cette prévision alarmante s’appuie sur des chiffres concrets : les installations européennes fonctionnent en moyenne à seulement 60 % de leur capacité. Les sites dont l’activité est inférieure à 75 % depuis longtemps ne sont plus rentables, soulignant la fragilité du modèle économique actuel. Les usines les plus exposées sont celles de Stellantis, qui fabriquent notamment des voitures Alfa Romeo. Ces sites ne fonctionnent qu’à 45 % de leur capacité de production, les plaçant en première ligne face à d’éventuelles restructurations.
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Les analystes prévoient que les constructeurs européens verront leur volume de ventes diminuer de 1 à 2 millions de véhicules dans les années à venir, les clients se tournant de plus en plus vers les marques chinoises. Ces dernières devraient atteindre une part de marché d’environ 5 % en Europe en 2025, un chiffre qui pourrait doubler d’ici 2030. Si cette tendance se confirme, la production automobile européenne pourrait chuter à un niveau tel que la disparition de huit grandes usines deviendrait inévitable.
La fermeture d’une usine automobile n’est pas une décision simple, tant sur le plan financier que juridique. Les calculs indiquent qu’une telle opération, impliquant environ 10 000 employés, coûterait environ 1,5 milliard d’euros et prendrait généralement entre un et trois ans à mettre en œuvre. Pour atteindre la rentabilité, les constructeurs automobiles ont besoin d’usines d’une capacité d’au moins 250 000 véhicules par an, et capables de s’en approcher de manière réaliste sur le long terme. Or, avec la baisse des ventes constatée, il sera difficile d’atteindre cet objectif sans procéder à des fermetures et à une réallocation de la production.
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Les tensions sur la demande se manifestent déjà par des arrêts temporaires de production, dus à des stocks de véhicules invendus. Ce problème touche plusieurs entreprises, mais Stellantis est particulièrement concerné.
Pour survivre en Europe, les constructeurs automobiles doivent impérativement optimiser leurs capacités, se concentrer sur des modèles rentables et adapter leurs calendriers de production pour faire face aux fluctuations de la demande. Une restructuration réussie pourrait aboutir à une base manufacturière plus petite, mais financièrement plus solide. À l’inverse, la surcapacité actuelle continuera de peser sur les profits et freinera les investissements dans les technologies clés pour l’avenir de l’industrie automobile européenne. Citroën, par exemple, s’apprête à annoncer en décembre un vaste programme de « revitalisation de la marque ».
