Publié le 18 octobre 2024 20h00. Deux sœurs jumelles de Kildare ont partagé leur expérience bouleversante : toutes deux ont subi des crises cardiaques soudaines à un an d’intervalle, révélant une vulnérabilité inattendue malgré une bonne santé apparente.
Le destin a frappé à la porte de Thérèse Walsh et Mairead Lyons, deux sœurs jumelles de 39 ans, originaires du comté de Mayo mais installées à Kildare. Elles ont toutes deux été confrontées à une crise cardiaque, un événement rare et choquant pour des femmes de leur âge et de leur condition physique. Elles sont les premières de leur famille à être touchées par ce type de problème cardiaque, une défaillance spontanée de l’artère coronaire (SCAD).
Au-delà de leur ressemblance physique, Thérèse et Mairead entretiennent une amitié profonde et indéfectible. « Mairead est non seulement ma sœur, mais aussi l’une de mes meilleures amies… nous avons toujours eu une relation très proche et c’est toujours le cas », confie Thérèse. Elle ajoute avec une pointe d’ironie : « Nous avons vécu beaucoup de choses de jumelles ensemble, mais c’est définitivement la chose de jumelles la plus extrême qui nous soit arrivée ! » Leur histoire est d’autant plus singulière qu’elle fait écho à d’autres coïncidences étranges qu’elles ont vécues tout au long de leur vie. « Quand Mairead s’est cassée le poignet étant jeune, un an plus tard, presque exactement le même jour, j’ai eu la même fracture, au même endroit… nous avons toujours eu ce genre de synchronicités », raconte Thérèse.
Mairead Lyons, mère d’une jeune fille et vivant avec son compagnon dans le comté de Meath, a été la première à être touchée, en septembre 2023. Elle se remettait d’une grossesse et d’un déménagement lorsqu’elle a ressenti des symptômes inquiétants pendant une séance de sport. « J’ai commencé à me sentir bizarre et j’ai cru avoir simplement contracté un muscle… mais la douleur ne passait pas. J’ai décidé de rentrer chez moi », explique-t-elle. La douleur s’est intensifiée et, sur les conseils de sa mère, infirmière de profession, elle a appelé les secours. Après un premier électrocardiogramme (ECG) rassurant, des analyses ont finalement révélé qu’elle avait fait une crise cardiaque, une découverte stupéfiante pour une personne en bonne forme physique et sans antécédents familiaux. Mairead a été hospitalisée pendant le week-end et a subi une angiographie, un examen permettant de visualiser les artères coronaires.
L’épreuve a été particulièrement éprouvante. Mairead a décrit une seconde crise cardiaque ressentie lors de l’angiographie, accompagnée d’hallucinations et de visions troublantes. « J’ai eu l’impression de revivre la mort de mes parents », se souvient-elle. Après dix jours d’hospitalisation et de surveillance étroite, elle a pu rentrer chez elle, mais a dû prendre dix semaines de congé pour se remettre et apprendre à gérer ses nouvelles limites.
La vie de Mairead a été profondément modifiée. Elle a appris qu’elle ne pourrait plus avoir d’enfants et que certaines activités pouvaient déclencher de nouvelles crises cardiaques. Malgré ces contraintes, elle aborde l’avenir avec optimisme et sérénité. « Je suis beaucoup plus positive et calme maintenant. Rien n’est plus important que vous et votre famille. Avant, j’étais une grande maniaque du contrôle, mais ce n’est plus le cas. Je choisis mes batailles avec soin », affirme-t-elle.
Quelques mois plus tard, c’est au tour de Thérèse Walsh, vivant à Rathangan, Kildare, avec son mari et son bébé Jack, de faire face à la même épreuve. Elle a ressenti une douleur soudaine alors qu’elle prenait une tasse de thé à la maison. « C’était une crise cardiaque aléatoire, ce qu’on appelle une dissection spontanée de l’artère coronaire (SCAD). J’ai ressenti une nausée et une sueur soudaine, suivie d’une douleur que j’ai d’abord attribuée à un problème musculaire », explique-t-elle. Après avoir consulté un médecin, elle a été diagnostiquée avec une crise cardiaque et transférée à l’hôpital de Tallaght pour recevoir les soins appropriés.
Les médecins ont initialement envisagé un lien possible avec le traitement de fertilité qu’elle suivait, impliquant des injections pour stimuler la production d’hormones. Cependant, après des examens complémentaires, ils ont conclu qu’il n’y avait pas de lien direct. Thérèse a été traitée avec de l’aspirine et des bêtabloquants et s’est concentrée sur sa convalescence, tout en luttant contre l’anxiété.
Contre toute attente, Thérèse et son mari ont appris en novembre qu’ils allaient avoir un autre enfant. « Cela m’a évidemment apporté de l’anxiété, car je ne savais pas si cela allait provoquer une autre crise cardiaque ou affecter ma santé », confie-t-elle. Elle a consulté un spécialiste et a suivi attentivement les recommandations médicales pendant sa grossesse, qui s’est déroulée sans complications.
La découverte de sa crise cardiaque a été un choc pour Thérèse. « Je pensais que je m’exagérais et que j’étais hypocondriaque, mais j’ai décidé de consulter par précaution. Quand ils m’ont annoncé le diagnostic, j’étais incrédule », se souvient-elle. Elle est reconnaissante d’avoir été prise en charge rapidement, grâce à l’expérience de sa sœur Mairead.
Cette épreuve a profondément changé la perspective de Thérèse sur la vie. « Cela m’a rendu beaucoup plus anxieuse, mais aussi plus calme dans mon travail et dans ma façon d’aborder la vie. Je suis plus attentive à mon corps et je fais confiance à mon instinct », explique-t-elle. Elle tient à remercier chaleureusement les infirmières de la réadaptation à Naas pour leur soutien et leur professionnalisme, ainsi que son médecin généraliste.
Thérèse a également salué l’action de l’ Irish Heart Foundation, pour laquelle elle s’était inscrite à un marathon avant de tomber malade. « C’est drôle, j’allais courir le mini-marathon pour l’Irish Heart Foundation quand j’ai eu ma crise cardiaque. J’ai fini par leur envoyer un message pour leur dire que je ne pourrais pas y participer ! » Elle souligne l’importance de sensibiliser aux problèmes de santé des femmes et d’encourager les femmes à faire confiance à leur intuition et à se faire prendre au sérieux.

