Publié le 30 septembre 2025 17:08:00. La fragmentation de l’offre de streaming aux États-Unis atteint des niveaux inédits, avec un partage de contenu entre plateformes multiplié par trois par rapport au Royaume-Uni, selon une étude récente. Cette tendance, motivée par la recherche de revenus supplémentaires, pourrait bientôt s’étendre à l’Europe.
- En juillet 2025, 39 % des séries et films disponibles sur les plateformes de streaming américaines étaient diffusés sur au moins deux services différents.
- Le nombre de titres accessibles simultanément sur au moins trois plateformes a plus que doublé depuis 2020, atteignant 21 %.
- Amazon Prime Video se distingue par une stratégie agressive de partage de contenu, notamment après l’absorption de sa plateforme Freevee.
Les plateformes de streaming américaines partagent leur contenu à un rythme bien plus soutenu que leurs homologues britanniques ou françaises. Une analyse menée par la société d’études Ampère révèle que 39 % des saisons et films disponibles en juillet 2025 sur les services de vidéo à la demande (VOD) américains étaient proposés sur au moins deux plateformes différentes, contre seulement 13 % au Royaume-Uni et 8 % en France. Cette tendance reflète une stratégie de diversification des revenus dans un marché du streaming de plus en plus concurrentiel.
Cette multiplication des offres simultanées est particulièrement visible sur les titres les plus anciens. Les programmes diffusés entre 2010 et 2019 représentent 43 % du contenu partagé, tandis que ceux sortis entre 2020 et 2025 en représentent 28 %. Les genres du crime, du thriller et de l’horreur sont également surreprésentés dans cette dynamique de partage.
Selon Rahul Patel, analyste principal chez Ampere Analysis,
« Les plateformes comprennent que les créations originales et les franchises à succès sont essentielles pour fidéliser les abonnés, tandis que la “longue traîne” est moins cruciale. Elles sont donc plus enclines à concéder des licences pour générer des revenus supplémentaires. »
Rahul Patel, analyste principal chez Ampere Analysis
Amazon Prime Video illustre parfaitement cette stratégie. En janvier 2024, la plateforme a introduit un nouveau niveau d’abonnement financé par la publicité, tout en fermant sa plateforme entièrement gratuite, Freevee, et en intégrant une grande partie de son contenu. Cette opération a considérablement réduit le pourcentage de titres exclusifs sur Prime Video, passant de 41 % à 24 %.
L’exemple de Peacock, la plateforme de streaming de NBCUniversal, est également frappant. En août 2020, seulement 14 % de sa bibliothèque était également disponible sur Amazon Prime Video. Ce chiffre est aujourd’hui de 35 %, ce qui témoigne d’une augmentation significative du partage de contenu. Un porte-parole de Peacock n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire de The Hollywood Reporter concernant cette statistique.
Les plateformes de streaming gratuites financées par la publicité, comme Tubi de Fox ou Plex, sont également de grands partageurs de contenu. Tubi partage ainsi 23 600 de ses titres avec le canal Roku, tandis que Tubi et Plex partagent 21 700 titres. Ces plateformes privilégient l’engagement des utilisateurs et la portée, ce qui nécessite une offre abondante.
L’Europe pourrait suivre cette tendance. Des accords récents, comme ceux entre Netflix et HBO, ou Disney et AMC, montrent que même les contenus les plus prisés sont de plus en plus partagés. En France, des partenariats entre ZDF et ATRESMEDIA avec Disney+, Netflix avec TF1 et Amazon avec France Télévisions suggèrent une évolution similaire.
