Publié le 10 décembre 2023 06:52:00. La violence conjugale et les abus sexuels infantiles représentent un fardeau majeur pour la santé publique mondiale, causant des centaines de milliers de décès et d’invalidités chaque année, selon une étude récente. Ces violences ne sont pas seulement des problèmes de justice sociale, mais des enjeux cruciaux de santé qui nécessitent une action urgente.
- La violence conjugale est liée à 145 000 décès dans le monde chaque année.
- Les abus sexuels infantiles sont associés à 290 000 décès annuels, principalement dus au suicide, au VIH/SIDA et au diabète de type 2.
- L’anxiété et la dépression sont parmi les principales causes d’invalidité liées à la violence conjugale, tandis que l’automutilation et la schizophrénie sont plus fréquentes chez les hommes ayant subi des abus sexuels infantiles.
Une nouvelle étude met en lumière l’impact dévastateur de la violence conjugale (VC) et des violences sexuelles contre les enfants (SVAC) sur la santé mondiale. Les chercheurs estiment que près de 30 000 femmes ont été tuées par leur partenaire en 2023, et que la violence conjugale est à l’origine d’environ 145 000 décès dans le monde, principalement dus à des homicides, des suicides et des complications liées au VIH/SIDA.
L’étude révèle également que les abus sexuels infantiles ont entraîné 290 000 décès en 2023, avec le suicide, le VIH/SIDA et le diabète de type 2 comme principales causes. Les conséquences de ces violences ne se limitent pas aux décès : elles engendrent également des invalidités à long terme. L’anxiété et les troubles dépressifs majeurs figurent parmi les huit principales causes d’invalidité résultant de la violence conjugale, tandis que l’automutilation et la schizophrénie sont les principales causes d’invalidité chez les hommes ayant subi des abus sexuels infantiles, en particulier en Asie du Sud. Chez les femmes, l’anxiété est la principale cause d’invalidité liée à ces abus.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus d’un cinquième des femmes indiennes âgées de 15 à 49 ans ont été victimes de violence conjugale en 2023, et près de 30 % ont été touchées au cours de leur vie. Au niveau mondial, près d’une personne sur trois – soit 840 millions d’individus – a subi des violences conjugales ou sexuelles au cours de sa vie, un chiffre qui stagne depuis l’an 2000.
« Ces résultats remettent fondamentalement en question la vision persistante de la SVAC et de la VPI comme étant principalement des problèmes de justice sociale ou pénale et soulignent leur statut de priorités majeures de santé publique. »
Luisa Sorio Flor, professeure adjointe à l’Institut de mesure et d’évaluation de la santé (IHME) de l’Université de Washington
Les chercheurs insistent sur le fait que lutter contre la violence envers les femmes et les enfants est non seulement une question de droits humains, mais aussi une priorité de santé publique essentielle. Ils soulignent la nécessité de renforcer les cadres juridiques, de promouvoir l’égalité des sexes et d’étendre les services de soutien aux survivants afin de réduire les conséquences sanitaires de ces violences.
