Publié le 14 décembre 2025 à 01h05. L’ascension fulgurante des véhicules électriques chinois, notamment de la marque BYD, ébranle le marché automobile indonésien, traditionnellement dominé par les constructeurs japonais, qui pourraient devoir revoir leur stratégie axée sur l’hybride.
- La part de marché des cinq principaux constructeurs automobiles japonais en Indonésie a diminué, passant de plus de 80 % en 2020 à 73,6 % en novembre 2025.
- BYD, bien que récemment implanté, a déjà capturé 1,6 % du marché indonésien grâce à son modèle Atto 1, un véhicule électrique abordable.
- Les experts estiment que les constructeurs japonais doivent accélérer le développement de véhicules électriques d’entrée de gamme pour rester compétitifs.
Le paysage automobile indonésien est en pleine mutation. L’arrivée de nouvelles marques, en particulier chinoises, bouscule les habitudes et offre aux consommateurs des alternatives de plus en plus attractives, notamment dans le segment des véhicules électriques. BYD, en particulier, s’impose rapidement comme un acteur majeur, défiant la domination historique des constructeurs japonais.
L’Atto 1, modèle électrique de BYD positionné dans la catégorie des voitures à faible coût (LCGC – Low Cost Green Car), a rencontré un succès immédiat. Son prix compétitif, comparable à celui des voitures à moteur thermique japonaises, a séduit de nombreux acheteurs indonésiens. Les ventes de l’Atto 1 ont même figuré parmi les plus élevées du marché sur la période octobre-novembre 2025, signalant une nouvelle dynamique concurrentielle.
Selon Yannes Pasaribu, observateur automobile et universitaire à l’ITB (Institut Teknologi Bandung), le succès de l’Atto 1 a contribué à lever les réticences des consommateurs face aux véhicules électriques.
« Le prix attractif de l’Atto 1 a véritablement brisé les barrières psychologiques qui freinaient l’adoption des voitures électriques. De plus, la forte médiatisation de BYD en tant que plus grand producteur mondial de véhicules électriques renforce la confiance dans la marque, dissipant les inquiétudes concernant la qualité, les batteries et le service après-vente. »
Yannes Pasaribu, observateur automobile et universitaire à l’ITB
Yannes Pasaribu souligne que l’Atto 1 représente désormais une concurrence directe pour les voitures LCGC et les citadines traditionnelles. Il prévient que les constructeurs japonais doivent impérativement adapter leur offre pour ne pas perdre des parts de marché.
« Pour rester compétitifs, les constructeurs japonais ne peuvent plus se contenter d’insister sur les voitures hybrides. Ils doivent accélérer le développement de véhicules électriques d’entrée de gamme tout aussi agressifs, et ne pas se laisser dicter leur stratégie par les politiques de leurs dirigeants au Japon. »
Yannes Pasaribu, observateur automobile et universitaire à l’ITB
L’érosion de la part de marché des constructeurs japonais est déjà visible dans les chiffres de l’Association des industries automobiles indonésiennes (GAIKINDO). Bien que Toyota conserve la première place avec 33 % de parts de marché, la part combinée des cinq principaux constructeurs japonais est passée de 79,6 % en 2024 à 73,6 % en novembre 2025, une baisse de 5 % par rapport à 2020.
Parallèlement, les constructeurs chinois gagnent du terrain. Wuling a renforcé sa position à 2,8 % (25 067 unités vendues), et BYD a conquis 1,6 % du marché (13 964 unités vendues) en un temps record. Cette tendance devrait se confirmer en 2025, incitant les constructeurs japonais à redoubler de vigilance.
Au total, les ventes au détail ont atteint 739 977 unités jusqu’en novembre 2025. La part de marché combinée des cinq principaux constructeurs japonais est passée de 85 % à 73,6 %, tandis que les marques chinoises ont capturé environ 11 % de parts de marché.
