Publié le 23 décembre 2025 à 15h00. La renaissance de la marque automobile russe Volga, initialement présentée comme une réponse aux sanctions occidentales, s’enlise dans des partenariats avortés et des difficultés de production, remettant en question l’avenir du projet.
- Le constructeur chinois Changan s’est retiré du projet de relance de Volga, compromettant la production des trois nouveaux modèles initialement prévus.
- Volga tente désormais de s’associer au groupe chinois Geely pour relancer la production, avec des modèles basés sur des véhicules existants de Geely.
- D’autres projets de relance de l’industrie automobile russe, comme Moskvich, rencontrent également des difficultés et ne tiennent pas leurs promesses de production.
L’annonce, en 2023, de la résurrection de Volga visait à combler le vide laissé par le départ des constructeurs automobiles occidentaux suite à l’invasion de l’Ukraine. L’idée était de réutiliser les capacités de production des usines russes, autrefois occupées par des entreprises étrangères, ou celles appartenant à des propriétaires locaux mais fabriquant des véhicules de marques occidentales. C’est ainsi que Moskvich a repris la production dans l’ancienne usine Renault de Moscou. Un scénario similaire était envisagé pour l’usine GAZ de Nijni Novgorod, où étaient assemblés des modèles populaires comme les Skoda Octavia, Karoq et Rapid, ainsi que la VW Polo.
Changan, un premier échec
Conscient des défis liés au développement d’une nouvelle voiture, en particulier en Russie, le projet Volga a opté pour une stratégie similaire à celle de Moskvich : s’appuyer sur un partenaire chinois. Alors que Moskvich s’est associé à JAC et Lada à Chery, Volga a choisi Changan. Lors du salon Digital Industry of Industrial Russia (CIPR-2024), la marque, qui n’avait plus produit de modèle original depuis 2007, a dévoilé trois nouveautés : la berline Volga C40 (une version rebadgée du Changan Reaton Plus), le SUV Volga K30 (dérivé de l’Oshan X5 Plus) et un SUV plus grand, le K40 (rebadgé du Changan UNI-Z). La présentation s’est déroulée en présence de hauts responsables gouvernementaux, qui ont mis en avant la capacité de l’industrie russe à surmonter les sanctions, voire à en tirer profit.
Le Premier ministre Mishustin avait même fait remarquer, lors de la présentation, que la direction de l’entreprise n’avait pas jugé bon de remplacer le logo du constructeur chinois sur le volant par celui de Volga. Un détail qui, aujourd’hui, semble bien anecdotique. Fin 2025, aucune Volga n’a encore pris la route, qu’elle arbore un volant chinois ou russe. Le plan initial prévoyait un démarrage de la production à la fin de 2024, avec un objectif de 100 000 véhicules produits.
Au milieu de l’année, les médias russes ont révélé des difficultés. Le partenaire clé, Changan, s’est retiré du projet, rendant la production de la nouvelle Volga impossible. Selon des sources non officielles, Changan a préféré se concentrer sur la production de ses propres véhicules en Russie, en coopération avec la société Avtotor, spécialisée dans l’assemblage de véhicules à partir de pièces importées à Kaliningrad. Les modèles Volga C40, K30 et K40 semblent donc être définitivement abandonnés avant même d’avoir commencé à être produits.
Geely, un nouveau souffle ?
L’agence d’analyse Avtostat a récemment annoncé l’homologation de nouveaux modèles Volga, les K50 et C50. Comme à l’accoutumée, il s’agit de véhicules chinois rebadgés. Le K50 serait basé sur le SUV Geely Monjaro, équipé d’un moteur de 2 litres et d’une transmission intégrale, tandis que le C50 serait dérivé de la berline Geely Preface, également avec un moteur de 2 litres. Même si Geely apporte un nouveau soutien à Volga, l’ensemble du projet apparaît comme un échec. L’homologation ne garantit pas le démarrage de la production ni l’intérêt des clients. De plus, le marché automobile russe est en forte baisse, avec une chute d’environ 25 % cette année. La situation économique, exacerbée par le conflit, réduit le pouvoir d’achat de la population, et une nouvelle Volga ne constitue probablement pas une priorité pour les consommateurs russes.
Photo de : Volga
Volga K50
La Volga doit être sauvée par le groupe chinois Geely. Cela lui permettra de renommer le SUV Geely Monjaro et le SUV Geely Preface. Aucune information n’a été communiquée sur la date du début de la production.
Photo de : Volga
Volga C50
Volga C50
D’autres projets de relance de l’industrie automobile russe, promis par le Kremlin pour maintenir l’emploi, rencontrent également des difficultés. La production dans l’ancienne usine Toyota de Saint-Pétersbourg n’a pas encore débuté, bien que l’assemblage de la Lada Xcite en coopération avec Chery y soit prévu. La renaissance de la marque Moskvich, avec l’aide de JAC dans l’ancienne usine Renault de Moscou, n’est pas non plus un succès. Les objectifs de production de centaines de milliers de véhicules par an se sont révélés irréalistes. Seules environ 30 000 Moskvich ont été produites l’année dernière, alors que l’entreprise doit en fabriquer au moins 40 000 pour être rentable. Les chiffres sont encore plus faibles cette année, avec des ventes d’environ 1 200 voitures par mois.
