Publié le 21 novembre 2025 à 19h18. L’Ukraine se trouve face à un dilemme majeur, alors que l’administration américaine propose un plan de paix aux conditions jugées inacceptables par Kyiv et Moscou, suscitant des inquiétudes en Europe quant à une possible marginalisation dans les négociations.
- Les États-Unis ont présenté à l’Ukraine un plan de paix en 28 points impliquant des concessions territoriales et des limitations militaires.
- Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé une pression intense sur son pays et un choix difficile entre la dignité et la survie.
- Donald Trump a fixé à jeudi prochain une date limite pour que l’Ukraine accepte ce plan, sous peine de voir ses aides militaires réduites.
La situation en Ukraine est entrée dans une phase critique. Le président Volodymyr Zelensky a exprimé sa profonde préoccupation face aux propositions de paix américaines, les qualifiant de choix extrêmement difficile pour son pays. Il a souligné que l’Ukraine pourrait être contrainte de choisir entre la perte de sa dignité et le risque de perdre un partenaire clé, en l’occurrence les États-Unis.
Selon le plan de paix américain, l’Ukraine devrait céder certaines parties de la région orientale de Donetsk qu’elle contrôle encore, renoncer à son ambition d’adhérer à l’OTAN et accepter des limites sur la taille de ses forces de défense. Presque tout le territoire ukrainien actuellement occupé par les troupes russes serait reconnu de facto comme russe. Le plan ne prévoit aucune poursuite pour crimes de guerre contre la Russie et n’offre que des garanties de sécurité vagues à Kyiv.
« Nous vivons actuellement l’un des moments les plus difficiles de notre histoire. Aujourd’hui, la pression sur l’Ukraine est l’une des plus fortes. Aujourd’hui, l’Ukraine pourrait être confrontée à un choix très difficile : soit la perte de sa dignité, soit le risque de perdre un partenaire clé. Soit 28 points difficiles, soit un hiver extrêmement difficile – le plus difficile. »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
M. Zelensky a affirmé qu’il travaillerait avec Washington pour élaborer un plan qui protège les intérêts nationaux et la dignité de l’Ukraine. Il a également contacté des dirigeants européens, craignant d’être mis à l’écart des négociations par la Maison Blanche et le Kremlin. Il a promis de se battre pour préserver la dignité et la liberté des Ukrainiens.
Donald Trump, l’ancien président américain, a insisté sur la nécessité pour l’Ukraine d’accepter le plan de paix soutenu par les États-Unis pour mettre fin à l’invasion russe. Il a déclaré qu’il espérait résoudre la guerre rapidement, soulignant que « il faut être deux pour danser le tango ». Il a fixé une date limite de jeudi prochain pour un accord, menaçant implicitement de réduire l’aide américaine à Kyiv en cas de refus. Fox News a rapporté cette information.
Le président russe Vladimir Poutine a, quant à lui, approuvé sans réserve les propositions américaines, qui auraient été élaborées avec la contribution de Kirill Dmitriev, négociateur du Kremlin, et de Steve Witkoff, un promoteur immobilier proche de M. Trump. Reuters a révélé que les États-Unis ont menacé de réduire leurs livraisons d’armes et de renseignements à Kyiv si l’Ukraine refusait le plan de M. Trump.
« Je suppose que cela pourrait servir de base à un accord de paix final. »
Vladimir Poutine, président russe
M. Zelensky s’est entretenu avec le vice-président américain JD Vance, ainsi qu’avec le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre britannique Keir Starmer. Les parties se sont engagées à coordonner leurs efforts pour préserver les intérêts européens et ukrainiens à long terme, et ont souligné la nécessité d’un consensus entre les alliés pour tout accord affectant l’Europe ou l’OTAN.
