Publié le 2025-12-02 12:59:00. L’épidémie de dengue et de chikungunya à Cuba a officiellement causé la mort de 21 enfants et adolescents, suscitant une vive inquiétude internationale et une alerte du gouvernement canadien concernant les risques pour les voyageurs.
- Le ministère de la Santé publique cubain (MINSAP) a confirmé 33 décès dus aux arbovirus, dont 14 enfants et adolescents victimes du chikungunya et 7 de la dengue.
- Affaires mondiales Canada a émis une recommandation aux voyageurs, soulignant la précarité du système de santé cubain et le nombre élevé de cas de chikungunya.
- Des critiques s’élèvent sur l’île concernant le manque de transparence du gouvernement et la dissimulation des chiffres réels.
La reconnaissance officielle de ces décès, bien que tardive, intervient après des semaines d’alertes lancées par des médecins et des familles face à la saturation des hôpitaux. Le vice-ministre cubain de la Santé, Carilda Pena, a confirmé le bilan de 33 décès, dont 14 mineurs touchés par le chikungunya et 7 par la dengue, selon TVA Nouvelles. Cette annonce fait suite à des informations diffusées par CiberCuba.
Jusqu’à présent, le MINSAP n’avait pas reconnu les décès liés au chikungunya, malgré les témoignages poignants des familles et les alertes des professionnels de la santé. Cette situation a contribué à alimenter la méfiance et l’indignation sur l’île, où l’on dénonce un manque de transparence et une dissimulation des chiffres réels.
L’alerte canadienne, publiée le 18 novembre, met en garde contre les dangers de voyager à Cuba en raison de l’épidémie et de la fragilité du système de santé. Le gouvernement canadien souligne qu’il y a « un nombre de cas de chikungunya plus important que prévu » et place Cuba aux côtés du Bangladesh, du Kenya et du Sri Lanka parmi les pays où des épidémies sont en cours.
Le rapport canadien dresse un tableau préoccupant des conditions médicales sur l’île, évoquant des hôpitaux délabrés, une pénurie de médicaments et un manque d’hygiène. Il précise que les cliniques internationales, situées dans les zones touristiques, offrent des soins de meilleure qualité, mais sont réservées aux étrangers.
L’avis aux voyageurs rappelle également les difficultés structurelles auxquelles Cuba est confrontée : pénuries alimentaires, de carburant et de médicaments, coupures d’électricité et détérioration des services d’urgence. Les délais d’intervention des ambulances, en particulier en dehors des zones touristiques, « peuvent être longs », selon le document.
Les décès confirmés de mineurs viennent corroborer les avertissements médicaux et les témoignages poignants diffusés sur les réseaux sociaux par des Cubains endeuillés. De nombreux parents et proches dénoncent l’état critique de nombreux enfants et le manque de ressources pour les soigner.
Alors que le Canada émet des avertissements et que la crise est couverte par les médias internationaux, le gouvernement de Miguel Díaz-Canel se contente d’organiser des réunions télévisées avec des « experts et des scientifiques », sans annoncer de mesures concrètes, de budgets alloués, ni assumer sa responsabilité directe dans la gestion de la crise.
Cuba, qui a longtemps présenté son modèle de santé comme un symbole révolutionnaire, est aujourd’hui confrontée à un effondrement sanitaire visible : une épidémie qui tue ses enfants, un système de santé exsangue et un gouvernement qui semble privilégier la propagande à la vérité.
