Les Wings de Dallas sont à la croisée des chemins. Malgré une chance inespérée à la loterie ces dernières années, l’équipe peine à se hisser au rang de prétendant sérieux en WNBA, et un retard dans la construction de ses nouvelles installations pourrait compromettre son avenir.
L’équipe a bénéficié de deux premiers choix consécutifs à la draft : Paige Bueckers en 2025, immédiatement considérée comme une future star et qui s’impose déjà comme une leader, et un choix prometteur en 2026. Cependant, le passé récent rappelle que la chance seule ne suffit pas. En 2021, Dallas avait déjà sélectionné Charli Collier au premier rang, mais cinq ans plus tard, la joueuse ne figure plus sur les listes de la ligue.
Les Wings ont également renoncé à leur choix numéro un en 2023. Malgré ces opportunités, l’équipe n’a accédé aux séries éliminatoires que lors de cinq des dix dernières saisons et peine à attirer des joueuses de premier plan en tant qu’agents libres. La situation s’est même traduite par un départ inattendu de l’entraîneur-chef Chris Koclanes en 2025, alors que Sandy Brondello était disponible, mais cette dernière a finalement choisi de rejoindre le Toronto Tempo.
À ce stade, le principal obstacle à la construction d’une équipe championne à Dallas semble être le manque d’infrastructures modernes. La construction du centre d’entraînement et de la nouvelle arène de l’équipe est désormais retardée d’au moins un an. Ce retard est particulièrement préoccupant, car les commodités offertes aux joueuses – vestiaires, installations d’entraînement, centres de traitement – sont devenues un facteur déterminant dans les choix des agents libres.
La WNBA évolue vers une situation où les équipes offrant les meilleures conditions d’accueil attirent les joueuses les plus talentueuses. « Il est étrange que certaines équipes de la WNBA ne disposent pas de vestiaires, d’installations d’entraînement et de centres de traitement dédiés pour leurs joueurs », souligne un observateur de la ligue. Des marchés comme Dallas et Los Angeles, qui tardaient à investir dans des infrastructures de pointe, semblent désormais le faire uniquement pour se conformer aux exigences de la prochaine convention collective.
Le temps presse pour les Wings. Paige Bueckers entame sa deuxième saison en WNBA, la deuxième de son contrat de recrue actuel de quatre ans. Des rumeurs suggèrent également que la WNBPA pourrait proposer de raccourcir les contrats des recrues dans la nouvelle convention collective, offrant ainsi aux joueuses plus de liberté et la possibilité de devenir agentes libres plus tôt dans leur carrière. Si cette proposition est adoptée, Dallas pourrait se retrouver avec encore moins de temps pour convaincre Bueckers de s’engager à long terme.
Bueckers, déjà l’une des meilleures joueuses de la ligue, a le potentiel de remporter des championnats, des titres de MVP et des médailles d’or. Elle est en position de force pour exiger les meilleures conditions possibles. Si Dallas ne parvient pas à lui offrir ce dont elle a besoin, d’autres équipes seront prêtes à tout pour l’attirer.
Au-delà de Bueckers, les Wings doivent attirer d’autres joueuses de qualité pour passer du statut d’équipe en lutte pour les séries éliminatoires à celui de véritable prétendant. Avec plus de 80 % des joueuses de la ligue susceptibles de devenir agentes libres après la conclusion de la nouvelle convention collective, Dallas a une opportunité unique de renforcer son effectif. Cependant, sans des installations à la hauteur des attentes, cette opportunité risque de s’envoler.
