L’élimination se profile pour les Dodgers de Los Angeles, et Mookie Betts est au cœur de leurs difficultés. L’habituel catalyseur offensif, pourtant auréolé de trois titres de champion du monde et d’un titre de MVP, traverse une période noire en Série mondiale, avec des statistiques alarmantes qui pourraient coûter cher à son équipe.
Après la défaite 6 à 1 face aux Blue Jays de Toronto lors du cinquième match, qui donne l’avantage 3 à 2 à l’équipe canadienne, Betts a reconnu son manque de performance : « J’ai été terrible », a-t-il déclaré, visiblement frustré.
Avec une moyenne au bâton de seulement .130 en Série mondiale (et .234 sur l’ensemble des séries éliminatoires), Betts n’a réussi que trois simples et n’a marqué qu’un seul point. L’attaque des Dodgers, qui n’a produit que quatre points au cours de ses 29 dernières manches, est en panne, et le joueur qui devait mener la charge semble incapable de retrouver son niveau.
Ce constat est d’autant plus surprenant que Betts est habituellement un joueur complet, capable de briller à tous les postes. Ses coéquipiers plaisantent d’ailleurs sur son talent universel, affirmant qu’il est impossible de le battre à n’importe quel jeu. Il est un coureur de base astucieux, capable de voler des points comme il l’a fait lors de son dernier match avec les Red Sox, où il a marqué le point gagnant depuis la première base sur un simple.
Pourtant, l’homme que l’on voyait incarner la victoire l’an dernier, en surmontant ses démons des séries éliminatoires, semble méconnaissable. Ses mouvements sont moins fluides, sa puissance de frappe a disparu, et il n’a pas encore frappé de coup de circuit en séries éliminatoires. « Ses mains traînent dans la zone de frappe, ses réflexes ne sont plus aussi vifs, et il est battu sur le terrain », analysent les observateurs.
L’entraîneur des Dodgers, Dave Roberts, tente de relativiser : « Je pense qu’il est sous pression. Il doit trouver un moyen de se détacher de cela et de se concentrer sur un match à la fois. Il doit simplement sortir et jouer. Ce n’est pas la première fois qu’il a des difficultés, ni la première fois qu’il est au bord de l’élimination. »
La performance de Betts est d’autant plus préoccupante que les Dodgers ont été dominés par le lanceur recrue des Blue Jays, Trey Yesavage, qui a réussi 12 retraits au bâton lors du cinquième match, un record pour un débutant en Série mondiale. Yesavage a notamment éliminé Betts à deux reprises.
« Il a très bien lancé, je ne lui enlève aucun mérite », a reconnu Betts avec fair-play.
Si l’attaque des Dodgers est globalement en difficulté, l’échec de Betts est particulièrement flagrant. Il est censé être le deuxième meilleur joueur de l’équipe, derrière Shohei Ohtani, et le seul capable de surpasser tous les autres sur le terrain. Sans sa contribution, les Dodgers, qui étaient les grands favoris de la série, risquent de voir leurs espoirs de titre s’envoler. Des murmures de désapprobation ont même été entendus à Dodger Stadium, un lieu où les huées sont rarement adressées à ses joueurs.
Betts a perdu sa joie de jouer, sa force. À 32 ans, il semble avoir passé son apogée. Son swing paraît lourd et laborieux. « J’aimerais que ce soit dû à un manque d’effort », a-t-il confié, « mais je n’ai pas de réponse. »
L’avenir des Dodgers, et celui de Mookie Betts en Série mondiale, se joueront ce week-end à Toronto.
