Publié le 17 novembre 2025 à 18h58. L’Irlande se prépare à adapter sa politique d’asile face aux nouvelles mesures restrictives annoncées par le Royaume-Uni, craignant un possible report des demandes vers Dublin. Le ministre irlandais de la Justice s’engage à ne pas laisser l’Irlande devenir une destination plus attractive que son voisin britannique pour les demandeurs d’asile.
- Le ministre irlandais de la Justice, Jim O’Callaghan, surveillera de près les changements apportés aux pratiques d’asile britanniques.
- Plus de 80 % des demandeurs d’asile arrivant en Irlande proviennent d’Irlande du Nord.
- Un nouveau projet de loi sur la protection internationale, visant à réformer le système d’asile irlandais, sera présenté cette année.
Dublin s’inquiète des conséquences potentielles de la nouvelle politique britannique en matière d’asile, qui prévoit de ne plus accorder de droit de séjour indéfini aux nouveaux arrivants et de réexaminer les dossiers existants après deux ans et demi, avec possibilité de renvoi dans les pays jugés sûrs. Le ministère irlandais de la Justice craint que ces mesures n’incitent les demandeurs d’asile à se tourner vers l’Irlande.
Jim O’Callaghan a souligné l’importance de la Zone de déplacement commune (ZDC), qui permet aux citoyens irlandais et britanniques de vivre et de travailler librement dans les deux pays, mais a précisé qu’elle ne devait pas être utilisée par des personnes d’autres États. La ZDC, a-t-il insisté, est un pilier des relations entre l’Irlande et le Royaume-Uni, particulièrement précieuse depuis le Brexit.
Lors d’une conférence intergouvernementale anglo-irlandaise à Farmleigh, M. O’Callaghan a rencontré le secrétaire d’État pour l’Irlande du Nord, Hilary Benn, et le Tánaiste Simon Harris. Il a remercié les autorités britanniques pour les informations préliminaires concernant les changements à venir, soulignant le haut niveau de coopération entre les deux pays dans le traitement des demandes d’asile.
« Pour la plupart d’entre nous, si nous devions fuir notre pays natal et que les choses s’amélioraient, eh bien, je pense que la plupart d’entre nous voudraient rentrer chez nous dans ces circonstances. »
Hilary Benn, secrétaire d’État pour l’Irlande du Nord
M. Benn a défendu le durcissement des lois sur l’asile au Royaume-Uni, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement britannique envers la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Il a reconnu l’existence d’une “grande inquiétude dans l’opinion publique concernant l’immigration clandestine” et la nécessité d’un système fiable pour distinguer les véritables réfugiés des personnes cherchant à l’exploiter à d’autres fins.
Le ministère irlandais de la Justice prévoit d’intégrer les ajustements nécessaires à la nouvelle politique britannique dans le projet de loi sur la protection internationale qui sera présenté plus tard cette année. Ce texte vise à réformer en profondeur le système d’asile irlandais.
Le Tánaiste a également souligné qu’il était possible de concilier l’accueil des personnes fuyant les persécutions et la prise en compte des préoccupations de la population concernant le nombre d’arrivées. Il a reconnu que les chiffres de l’immigration font débat, mais a réaffirmé l’importance de la ZDC pour les relations bilatérales.
