Publié le 2026-01-02 23:24:00. Le constructeur automobile américain Tesla devrait céder sa place de leader mondial des ventes de véhicules électriques à son concurrent chinois BYD dès 2025, une inversion de tendance attribuée à une conjonction de facteurs économiques, concurrentiels et politiques.
- Tesla prévoit une baisse de 9 % de ses livraisons en 2025, atteignant 1,64 million de véhicules.
- BYD a vendu 2,26 millions de véhicules électriques en 2025, consolidant ainsi sa position de leader du marché.
- La suppression d’un crédit d’impôt américain de 7 500 USD (environ 6 900 €) et l’activisme politique d’Elon Musk ont pesé sur les ventes de Tesla.
Après deux années consécutives de recul, Tesla voit son hégémonie sur le marché des véhicules électriques remise en question. L’entreprise américaine a livré 1,64 million de véhicules en 2025, une diminution de 9 % par rapport à l’année précédente. Cette performance contraste fortement avec la progression fulgurante de BYD, qui a atteint 2,26 millions d’unités vendues, s’imposant comme le nouveau numéro un mondial du secteur.
Plusieurs facteurs expliquent ce basculement. La fin du crédit d’impôt de 7 500 USD pour l’achat de véhicules électriques, mis en place fin septembre par l’administration Trump, a eu un impact significatif sur la demande, affectant particulièrement Tesla, dont l’offre repose exclusivement sur des modèles électriques. Parallèlement, la concurrence des constructeurs chinois s’est intensifiée, exerçant une pression accrue sur les prix et les parts de marché.
L’image de Tesla a également souffert de l’engagement politique et médiatique d’Elon Musk. Des campagnes de boycott et un rejet de ses prises de position ont eu un impact négatif sur la perception de la marque, notamment en Europe et en Amérique du Nord. Sa brève implication au sein du Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE) de l’administration Trump a également suscité des critiques.
Au quatrième trimestre 2025, Tesla a livré 418 227 véhicules, un chiffre inférieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur 440 000 unités. BYD, de son côté, a vendu 414 784 véhicules rien qu’en décembre, un volume presque équivalent à celui du trimestre de Tesla. La production annuelle de Tesla s’est élevée à 1 600 767 véhicules, avec 1 585 279 livraisons.
Face à ce ralentissement, Tesla a lancé en octobre des versions plus abordables du Model Y et du Model 3, avec des prix inférieurs à 40 000 USD (environ 37 000 €) et 37 000 USD (environ 34 000 €) respectivement, afin de concurrencer les modèles chinois en Asie et en Europe. Malgré ces efforts, les analystes de FactSet prévoient une baisse de 3 % des ventes et une diminution de près de 40 % du bénéfice par action d’ici la fin de l’année.
Elon Musk a recentré la stratégie de l’entreprise sur le développement de services de robotaxi et la production de robots humanoïdes, reléguant au second plan la vente de voitures conventionnelles. En juin, Tesla a entamé des tests de son service de robotaxis à Austin, au Texas, d’abord avec une supervision de sécurité, puis de manière autonome, avec l’intention de l’étendre à d’autres villes en 2026. Cependant, l’entreprise est confrontée à des défis réglementaires importants, notamment des enquêtes de sécurité fédérales et le risque de perdre temporairement sa licence d’exploitation en Californie, suite à des accusations de publicité trompeuse concernant la sécurité de ses véhicules.
Malgré ces difficultés, le marché reste optimiste quant à l’avenir de Tesla. L’action a clôturé l’année 2025 en hausse de 11 %, et les actionnaires ont approuvé un nouveau programme de rémunération pour Elon Musk lors de l’assemblée annuelle de novembre. Deux semaines auparavant, la Cour suprême du Delaware avait rétabli le droit de Musk à percevoir une rémunération de 55 milliards de dollars accordée en 2018.
Selon les déclarations d’Elon Musk rapportées par FactSet et Electrek, l’avenir de Tesla dépendra du succès de ses projets d’automatisation et de mobilité autonome, ainsi que de sa capacité à surmonter les obstacles réglementaires et la concurrence mondiale.
(Avec les informations de AP et EFE)
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