Home DivertissementThe arrival of Two-Face in the new Batman sequel bodes well for a doom-laden moral epic | Film

The arrival of Two-Face in the new Batman sequel bodes well for a doom-laden moral epic | Film

by Antoine Girard

L’annonce, prudente, faite cette semaine par The Hollywood Reporter : Sebastian Stan incarnera Harvey Dent dans la suite très attendue de The Batman. Ce choix d’acteur laisse présager une approche plus sombre et psychologique du personnage, loin des interprétations grandiloquentes du passé, et une exploration des failles profondes qui rongent la justice à Gotham.

Harvey Dent, alias Deux-Faces, est un antagoniste récurrent dans l’univers de Batman, dont les apparitions sont rarement sans conséquences. Les précédentes incarnations ont oscillé entre la caricature théâtrale – à l’image du Dent criard et clinquant de Tommy Lee Jones dans Batman Forever – et la promesse d’une déchéance inéluctable, comme le laissait entrevoir Billy Dee Williams dans Batman (1989). La version la plus marquante, cependant, reste celle d’Aaron Eckhart dans The Dark Knight de Christopher Nolan, où la chute du procureur idéaliste mettait en lumière les dangers d’une confiance aveugle dans la rectitude morale, particulièrement dans une ville où le concept même de justice est fragilisé.

Matt Reeves, le réalisateur de The Batman, semble privilégier une approche plus subtile et réaliste. Son Gotham n’est pas un repaire de monstres en quête de notoriété, mais une métropole qui pourrit de l’intérieur. Il est donc peu probable que son Deux-Faces bascule dans l’exagération théâtrale des précédentes adaptations. L’acteur Sebastian Stan, connu pour sa capacité à incarner des personnages dont la morale s’effrite progressivement, semble parfaitement adapté à cette vision.

Cette nouvelle interprétation pourrait même marquer une rupture avec l’ère Nolan, caractérisée par son symbolisme et ses dilemmes éthiques complexes. Si la performance d’Eckhart reste mémorable, elle s’appuyait sur la folie du deuil pour transformer Dent en Deux-Faces, au détriment de la lente et implacable dérive vers la monstruosité que l’on retrouve dans les meilleures bandes dessinées et dans la série animée Batman: The Animated Series des années 1990. Comme l’explique l’analyse du personnage, Dent ne « craque » pas, il se persuade, étape par étape, que la loi est inefficace et qu’il est le seul capable de la remplacer.

Ce Deux-Faces ne serait pas le chaos déguisé en folie, à l’instar du Joker, mais une justice privée d’empathie, accrochée à l’illusion d’équité incarnée par le lancer de sa pièce truquée. Sa descente aux enfers apparaît presque inévitable dans une ville aussi corrompue que Gotham, et son arrivée ne fait que confirmer l’ampleur de la tâche qui incombe à Batman.

Il n’est pas exclu que ce nouveau Deux-Faces devienne une figure récurrente de la saga, une corruption persistante destinée à rappeler constamment à Robert Pattinson, dans le rôle de Batman, que la victoire totale est illusoire dans un monde où le bien et le mal sont souvent indiscernables. À l’image du Scarecrow de Cillian Murphy, dernier survivant du naufrage de Gotham dans les films de Nolan, ou du Pingouin de Colin Farrell, qui pourrait devenir le résident habituel de l’univers de Reeves, Deux-Faces pourrait s’intégrer durablement dans le paysage urbain de Gotham.

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