Publié le 28 décembre 2025 13h35:00. Avec Marty Suprême, Josh Safdie livre un portrait électrique et dérangeant d’un jeune joueur de ping-pong ambitieux, oscillant entre génie sportif et dérive morale dans l’Amérique des années 1950.
Le nouveau film de Josh Safdie, connu pour ses thrillers nerveux Good Time et Uncut Gems (réalisés avec son frère Benny), est moins un film de sport conventionnel qu’une plongée intense dans la psyché d’un personnage complexe.
Timothée Chalamet incarne Marty Mauser, un joueur de ping-pong doté d’un talent exceptionnel et d’un caractère profondément égoïste. L’histoire se déroule en 1952, lorsque Marty, travaillant dans la cordonnerie de son oncle à New York, rêve de gloire internationale dans un sport alors méconnu aux États-Unis. Son ambition le pousse à franchir les limites, comme le montre sa tentative de soutirer de l’argent à un collègue, Lloyd, pour financer son voyage en Angleterre et participer à un championnat.
À Londres, Marty s’immisce dans le cercle d’une ancienne star de cinéma, Kay Stone (Gwyneth Paltrow), qui tente de relancer sa carrière grâce au soutien financier de son mari, un magnat de la presse. Il y affronte Koto Endo, un joueur japonais d’une sérénité déconcertante, incarné par le véritable champion de tennis de table Koto Kawaguchi. Cette rencontre marque un tournant dans le parcours de Marty, qui, de retour aux États-Unis, se lance dans une course effrénée pour obtenir les fonds nécessaires à une revanche.
Le film se distingue par son esthétique soignée, notamment grâce à la photographie en 35 mm de Darius Khondji et aux décors minutieusement reconstitués des années 1950 par Jack Fisk. L’ensemble du casting, mené par Odessa A’zion dans le rôle de Rachel Mizler, l’amie d’enfance et voisine de Marty, apporte une crédibilité saisissante à cette histoire rocambolesque. Odessa A’zion, en particulier, offre une performance captivante, incarnant une femme forte et déterminée.
La tension est palpable tout au long du film, accentuée par la musique originale et dissonante composée par l’artiste électronique Daniel Lopatin. Timothée Chalamet livre une performance physique et émotionnelle impressionnante, ayant passé des années à perfectionner sa technique de tennis de table pour le rôle. Il parvient à rendre son personnage, intrinsèquement antipathique, étonnamment attachant.
Gwyneth Paltrow, de retour au cinéma après une pause de cinq ans, offre une interprétation nuancée de Kay Stone, une femme résignée mais perspicace. L’actrice a déjà été nominée aux Golden Globes et aux Critics Choice Awards pour ce rôle, et une nomination aux Oscars pourrait bien suivre en janvier.




Marty Suprême est un film exigeant, mais qui récompense l’attention du spectateur par une expérience cinématographique intense et mémorable.
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