Publié le 2024-02-29 14:35:00. Le premier long métrage d’Eva Victor, « Sorry, Baby », explore avec une ironie mordante les complexités de la vie moderne, de la maternité aux traumatismes, à travers le regard d’une jeune professeure américaine en pleine crise existentielle.
- Le film suit Agnès, une professeure de littérature de 28 ans, confrontée à un traumatisme passé et à des difficultés à s’engager dans une relation stable.
- L’annonce de la grossesse de son amie Lydie sert de catalyseur pour explorer les thèmes de la maternité, de la sexualité et des normes sociales.
- Malgré la gravité du sujet, le film adopte un ton ironique et dédramatisé, privilégiant un style narratif laconique et naturaliste.
Dans une petite ville universitaire du Massachusetts, Agnès (interprétée par Eva Victor) mène une existence solitaire, ponctuée par une relation sans engagement avec son voisin Gavin (Lucas Hedges). Son quotidien bascule avec la visite de Lydie (Naomie Ackie), une amie de longue date désormais enceinte de dix semaines grâce à un don de sperme. Cette nouvelle, source de joie et de plaisanteries, ravive les questionnements des deux femmes sur leur vie, leurs relations et leur avenir.
Le film d’Eva Victor ne se contente pas de dépeindre une amitié féminine forte. Il plonge au cœur des tourments d’Agnès, hantée par une agression sexuelle subie de la part de son directeur de thèse, Preston Decker (Louis Cancelmi). Ce traumatisme, révélé dans un montage en cinq épisodes chronologiquement disjoints, est abordé avec une subtilité remarquable. L’acte lui-même n’est pas montré, mais suggéré par une mise en scène minimaliste et des jeux de lumière qui témoignent du passage du temps. Seul le récit d’Agnès à Lydie permet de saisir l’ampleur de sa blessure.
Loin de tomber dans le mélodrame ou le récit de victime, « Sorry, Baby » se distingue par son ton ironique et son humour noir. L’autodérision du personnage d’Agnès, incarné par Eva Victor, fonctionne comme un mécanisme de défense, tout en dénonçant avec acuité les absurdités des conventions sociales et les rapports de pouvoir. Le style narratif laconique et le décor naturaliste renforcent cette impression de calme apparent, dissimulant un profond bouleversement intérieur.
Le chemin vers la guérison d’Agnès est semé d’embûches, mais soutenu par des rencontres inattendues : un étranger bienveillant (John Carroll Lynch), un chaton perdu nommé Olga, et surtout, l’amitié indéfectible de Lydie. Dans un moment d’émotion rare, Agnès promet à Jane, le bébé à naître, un soutien inconditionnel, affirmant :
« Je t’écouterai sans m’inquiéter. »
Agnès, personnage principal
Cette promesse, prononcée face à l’incertitude de l’avenir, symbolise l’espoir et la résilience au cœur de ce film poignant et original.
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