Publié le 16 janvier 2026 10:05:00. Les techniques de dépistage génétique des embryons s’affinent, ouvrant la voie à une sélection basée non seulement sur la santé, mais aussi sur des caractéristiques physiques ou cognitives, soulevant d’importantes questions éthiques.
- Des laboratoires peuvent désormais analyser l’ADN d’embryons pour détecter des maladies génétiques et, de plus en plus, sélectionner des embryons en fonction de traits comme la taille, la couleur des yeux ou un potentiel de QI.
- Cette pratique suscite des inquiétudes quant à un possible retour à l’eugénisme et à la complexité de prédire avec précision le développement futur d’un enfant.
- Des entreprises comme Nucleus proposent déjà ces services, promettant aux futurs parents d’avoir le « meilleur bébé » possible.
L’évaluation des embryons a connu une évolution significative ces dernières années. Les laboratoires disposent désormais de la capacité de prélever quelques cellules sur un embryon afin d’examiner son ADN et de dépister un nombre croissant de maladies génétiques. Mais l’innovation ne s’arrête pas là : certaines entreprises vont désormais plus loin, offrant aux futurs parents la possibilité de choisir des embryons en fonction de caractéristiques plus subjectives, telles que la taille potentielle, la couleur des yeux, et même une estimation du quotient intellectuel (QI).
Cette nouvelle tendance est loin de faire l’unanimité et soulève de nombreuses questions éthiques. Les experts soulignent la complexité des traits comme le QI, qui ne reflète qu’une partie de l’intelligence humaine. Comme le rappelle un article de New Scientist, le QI est un score qui ne capture pas tous les aspects de l’intelligence. De plus, notre compréhension des facteurs qui influencent ces traits est encore incomplète, et il est difficile de prévoir comment la sélection d’une caractéristique pourrait affecter d’autres aspects du développement.
Certains observateurs mettent en garde contre le risque de dérive eugéniste, c’est-à-dire la volonté d’améliorer la qualité génétique d’une population. D’autres soulignent qu’il est impossible de contrôler entièrement le développement d’un enfant, quel que soit l’embryon choisi. Une étude récente met en évidence les limites de ces prédictions et questionne l’intérêt de vouloir à tout prix maîtriser l’avenir de son enfant.
Malgré ces réserves, des entreprises comme Nucleus continuent de promouvoir ces services. Elles n’hésitent pas à utiliser un discours commercial séduisant, invitant les clients potentiels à « avoir leur meilleur bébé », comme le révèle une enquête de MIT Technology Review. Pour en savoir plus sur ces avancées et les débats qu’elles suscitent, vous pouvez consulter cet article.
Cet article a été publié pour la première fois dans The Checkup, la newsletter hebdomadaire sur les biotechnologies de MIT Technology Review. Pour la recevoir dans votre boîte mail tous les jeudis, et lire des articles comme celui-ci en premier, inscrivez-vous ici.