Publié le 26 janvier 2026 à 17h02. Des manifestations liées à la crise économique en Iran ont fait plusieurs morts, tandis que Washington a haussé le ton en affirmant sa volonté d’intervenir en cas de répression violente, suscitant l’inquiétude de Téhéran.
- Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont causé la mort d’au moins six personnes dans l’ouest de l’Iran.
- Donald Trump a promis un soutien américain aux manifestants iraniens, évoquant même une possible intervention militaire.
- Téhéran a averti que toute intervention américaine serait considérée comme une menace et entraînerait une riposte.
La contestation sociale, initialement motivée par la flambée des prix et le marasme économique, s’est étendue à des revendications politiques dans une vingtaine de villes iraniennes, principalement situées dans l’ouest du pays. Des commerçants ont fermé leurs boutiques, des universités ont été touchées et des bâtiments publics ont subi des dégradations.
Donald Trump a déclaré sur son réseau social Truth Social :
« Si l’Iran tire sur des manifestants pacifiques et les tue violemment, comme à son habitude, les États-Unis d’Amérique viendront à leur secours. Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir. »
Cette déclaration a immédiatement provoqué une réaction ferme de la part de Téhéran. Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême, a mis en garde contre toute intervention américaine, affirmant que la sécurité de l’Iran est une “ligne rouge” et qu’une telle action entraînerait une “riposte”. Ali Larijani, un autre conseiller de l’ayatollah Ali Khamenei, a souligné le risque de “déstabilisation” de la région, avertissant Donald Trump que toute ingérence américaine pourrait nuire aux intérêts des États-Unis.
« Trump devrait savoir que toute ingérence américaine dans cette affaire interne équivaudrait à déstabiliser toute la région et à nuire aux intérêts américains. Qu’il prenne garde à ses soldats. »
Les autorités iraniennes ont procédé à l’arrestation de trente personnes à Téhéran, accusées de “troubles à l’ordre public”, bien qu’aucun incident majeur n’ait été officiellement signalé dans la capitale ces derniers jours. Le procureur de la province du Lorestan a prévenu que toute participation à des rassemblements illégaux serait sévèrement punie, tout en insistant sur la nécessité de distinguer les manifestants exprimant leurs préoccupations économiques des individus cherchant à semer le chaos.
Ces protestations, bien que moins importantes que celles qui avaient secoué l’Iran fin 2022 après la mort de Mahsa Amini, interviennent dans un contexte de fragilité pour le pays. L’Iran est confronté à des difficultés économiques croissantes, avec une monnaie nationale, le rial, qui a perdu plus d’un tiers de sa valeur face au dollar au cours de l’année écoulée et un taux d’inflation de 52 % en décembre. Le pays est également isolé sur la scène internationale, avec des sanctions rétablies par l’ONU en septembre 2025 en raison de son programme nucléaire, et a subi des revers stratégiques avec la guerre avec Israël en juin 2025 et les difficultés rencontrées par ses alliés régionaux en Syrie, au Liban et à Gaza.
Le gouvernement iranien a tenté d’apaiser les tensions en reconnaissant les “revendications légitimes” liées aux difficultés économiques, tout en mettant en garde contre toute tentative de déstabilisation. Un congé généralisé a été décrété dans le pays, officiellement pour des raisons climatiques et d’économies d’énergie, mais qui coïncide avec un week-end prolongé.
AFP
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