Publié le 12 janvier 2024 à 21h24. L’Iran est le théâtre de manifestations d’une ampleur inédite depuis des années, réprimées dans le sang par le pouvoir. Face à cette escalade de violence, le président américain Donald Trump a menacé d’une intervention militaire, tout en laissant la porte ouverte au dialogue.
- Des centaines de manifestants auraient été tués lors de la répression des protestations en Iran.
- Donald Trump a brandi la menace d’une action militaire américaine contre l’Iran.
- Les manifestations, initialement liées à la crise économique, se sont transformées en un appel à la fin de la théocratie.
La situation en Iran est extrêmement tendue. Ce qui a débuté comme des protestations contre la dégradation de la situation économique, exacerbée par les sanctions internationales, a rapidement évolué vers une contestation ouverte du régime théocratique. Des vidéos diffusées en ligne montrent des scènes de chaos dans plusieurs villes, notamment Machhad, ville natale du guide suprême Ali Khamenei, où des manifestants ont érigé des barricades et incendié des bâtiments. NPR n’a pas pu vérifier de manière indépendante l’authenticité de ces images, mais elles témoignent d’une colère grandissante.
Selon Skylar Thompson, directrice adjointe de Human Rights Activists in Iran (HRA), un groupe de surveillance basé aux États-Unis, plus de 580 rassemblements de protestation ont eu lieu dans toutes les provinces iraniennes et dans plus de 185 villes au cours des quinze derniers jours. Elle estime que plus de 500 manifestants ont été tués par les forces de l’ordre, bien que ce chiffre ne puisse être confirmé de manière indépendante. Environ 89 membres des forces de sécurité auraient également perdu la vie lors des affrontements.
Les images diffusées par les médias montrent des scènes poignantes devant les morgues, où des familles pleurent la perte de leurs proches. Des corps enveloppés dans des sacs mortuaires noirs sont alignés sur le sol.
« Mon papa n’est plus en vie. »
Protestataire endeuillé
Le régime iranien accuse les États-Unis et Israël de fomenter les troubles, les présentant comme une tentative de déstabilisation. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a affirmé que les manifestations avaient été instrumentalisées pour fournir un prétexte à une intervention militaire américaine.
« (parlant le farsi) Les manifestations sont devenues violentes pour donner aux États-Unis une excuse pour intervenir militairement. »
Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères
Donald Trump a réagi en menaçant d’une action militaire si la répression des manifestants ne cessait pas, tout en laissant entrevoir la possibilité de négociations.
Lina Khatib, chercheuse à la Harvard Kennedy School Middle East Initiative, souligne que le régime iranien traverse une période de grande faiblesse, sans précédent depuis la création de la République islamique en 1979. Elle explique que l’Iran s’appuie sur des milices supplétives pour projeter sa puissance, mais que ces dernières ont subi des revers importants ces derniers temps, notamment en Syrie et au Liban.
« Le régime iranien est le plus faible qu’il ait connu depuis la création de la république islamique en 1979. »
Lina Khatib, chercheuse à la Harvard Kennedy School Middle East Initiative
Il reste à voir si cette vague de protestations marquera le début de la fin du régime iranien. Pour l’heure, aucun signe de dissidence n’est apparu au sein des forces de sécurité, qui restent le pilier du pouvoir théocratique.
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