Une rencontre surprise à la Maison Blanche a marqué un tournant dans la politique américaine en Syrie. Le président américain Donald Trump a accueilli lundi Ahmad al-Sharaa, l’homme fort de Damas, quelques jours après la levée des sanctions internationales qui le visaient.
L’ancien chef djihadiste, lié à Al-Qaïda et autrefois considéré comme un terroriste par Washington, a pris le pouvoir en renversant Bachar el-Assad en décembre 2024. Depuis, il s’est engagé à reconstruire le pays et à protéger ses minorités ethniques et religieuses, bien que son règne ait été marqué par des violences sectaires contre les communautés druzes et chrétiennes, suscitant des critiques aux États-Unis.
« C’est un dirigeant très fort. Il vient d’un endroit très difficile, et c’est un gars dur. Je l’ai aimé. Je m’entends bien avec lui », a déclaré M. Trump aux journalistes dans le Bureau ovale. « Nous voulons voir la Syrie devenir un pays qui connaît beaucoup de succès, et nous pensons que ce dirigeant peut y parvenir. »
Cette normalisation diplomatique s’accompagne d’un rapprochement sécuritaire. Washington a prolongé de 180 jours la suspension des sanctions contre la Syrie, dans l’espoir de renforcer la coopération bilatérale. Les États-Unis envisagent également l’intégration de la Syrie dans la coalition internationale contre l’État islamique (EI, anciennement ISIS).
Selon des informations de presse américaines, un accord a été trouvé entre les États-Unis, la Syrie et la Turquie pour intégrer les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance kurde qui contrôle de vastes territoires dans le nord et l’est du pays depuis le milieu des années 2010, au sein de l’armée syrienne. Des diplomates américains, syriens et turcs se sont accordés sur un plan précis à ce sujet.
Ce rapprochement avec Washington fait suite à une visite d’al-Sharaa à Moscou le mois dernier, où il a rencontré le président russe Vladimir Poutine. Bloomberg a rapporté que, suite à cette rencontre, la Russie avait repris ses vols vers la base aérienne de Khmeimim, dans l’ouest de la Syrie, après une interruption en 2024.
