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Tuées par leur père en 2020 | La mère des fillettes Carpentier recevra une indemnité de la Sûreté du Québec

Amélie Lemieux, la mère de Norah et Romy Carpentier, a conclu un règlement à l'amiable avec la Sûreté du Québec pour obtenir une indemnité. Cette entente fait suite aux graves lacunes policières révélées lors de la disparition et…

Un règlement confidentiel pour clore le volet judiciaire

Amélie Lemieux, la mère de Norah et Romy Carpentier, a conclu un règlement à l’amiable avec la Sûreté du Québec pour obtenir une indemnité. Cette entente fait suite aux graves lacunes policières révélées lors de la disparition et du meurtre des fillettes par leur père en juillet 2020 à Saint-Apollinaire.

Un règlement confidentiel pour clore le volet judiciaire

Après plusieurs années de tensions et de procédures, la Sûreté du Québec (SQ) versera une indemnité à Amélie Lemieux. Ce règlement met fin à un processus judiciaire entamé en 2023, visant à éviter un procès civil qui aurait forcé les parties à revisiter les événements tragiques de l’été 2020.

Le montant de l’indemnité demeure secret. Selon Radio-Canada, une entente de confidentialité stricte lie désormais les deux parties, empêchant toute divulgation des détails financiers ou des discussions ayant mené à l’accord.

Amélie Lemieux a toutefois exprimé sa satisfaction auprès de Noovo Info. Pour la mère des fillettes, ce dénouement permet de tourner la page d’une saga judiciaire marquée par un sentiment d’abandon face au système policier.

Les failles opérationnelles et le retard de l’alerte AMBER

L’indemnisation intervient après qu’une enquête publique a mis en lumière des erreurs systémiques lors des recherches. Le coroner Luc Malouin a pointé du doigt une coordination déficiente des effectifs et un manque flagrant de formation en recherche et sauvetage au sein de la SQ.

Les failles opérationnelles et le retard de l'alerte AMBER

L’un des points les plus critiques concerne la diffusion de l’alerte média. Martin Carpentier et ses filles ont disparu le soir du 8 juillet 2020, mais l’alerte AMBER n’a été déclenchée que l’après-midi suivant. Ce retard a été jugé préjudiciable.

L’efficacité de l’alerte a elle-même été remise en question dans le rapport de 85 pages du coroner. Sur 350 informations reçues suite au signalement, aucune n’a permis de faire avancer l’enquête, générant simplement un travail de vérification superflu pour les policiers.

Je reste avec la conviction que l’on a tardé à traiter le dossier comme le pire des scénarios, et que dans la hiérarchie policière, certains ont oublié cette notion essentielle.

Une gestion de crise qualifiée de « trop peu, trop tard »

L’analyse du coroner a révélé que la SQ a sous-estimé l’urgence de la situation. Les autorités ont tardé à mobiliser des ressources compétentes et à prendre en compte l’état psychologique du père, décrit comme dépressif et non communicatif, ce qui a faussé les stratégies de recherche terrestres.

Le jour où leur père a tué leur mère – Ça commence aujourd'hui

Le manque d’expérience du personnel sur le terrain a également été soulevé. L’enquêteur principal était un jeune agent n’ayant pas terminé sa formation, se retrouvant rapidement débordé par l’ampleur du dossier. Le coroner a estimé que la présence de deux enquêteurs aurait été nécessaire pour des enfants de moins de 13 ans.

Ces manquements ont conduit Luc Malouin à résumer l’intervention policière en trois mots : « trop peu, trop tard ».

Pressions politiques et critiques à l’Assemblée nationale

Le délai nécessaire pour parvenir à cet accord a suscité l’indignation au sein du gouvernement. Le 14 mai, lors de l’étude des crédits du ministère de la Sécurité intérieure (MSI) à l’Assemblée nationale, le député de Québec solidaire, Andrés Fontecilla, a fustigé l’absence d’indemnisation après six ans de drame.

Pressions politiques et critiques à l'Assemblée nationale
Photo: Noovo Info

L’élu a plaidé pour un règlement à l’amiable afin d’éviter une judiciarisation prolongée, s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles la Sûreté du Québec avait tardé à compenser Amélie Lemieux malgré l’ampleur de la tragédie.

Bien que le ministre Ian Lafrenière ait assuré précédemment que les négociations progressaient, les avocats de la famille avaient initialement indiqué que les discussions étaient non concluantes. Ce déblocage final marque la fin d’un bras de fer juridique où la mère des fillettes affirmait que ses enfants auraient pu être sauvés si le travail policier avait été rigoureux.

L’affaire laisse derrière elle une série de recommandations du coroner pour transformer les pratiques de la police provinciale, notamment sur la diffusion plus rapide des alertes média, même lorsque les critères stricts de l’alerte AMBER ne sont pas totalement remplis.

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À propos de l’auteur: Camille Renault

Camille Renault couvre le sport français et international, avec une attention particulière au football, au rugby, au tennis et aux grands rendez-vous de compétition. Son écriture conjugue précision, rythme et sens du résultat.