Tullow Oil a enregistré un flux de trésorerie disponible positif de 4 millions de dollars au premier semestre 2026, marquant son premier résultat semestriel positif en au moins quatre ans grâce à la hausse des cours du pétrole et à la production de ses champs ghanéens.
Le producteur de pétrole et de gaz Tullow Oil a dégagé 4 millions de dollars de trésorerie disponible au cours des six premiers mois de 2026, d’après son rapport semestriel publié le 28 septembre. Ce résultat contraste fortement avec la sortie de 188 millions de dollars enregistrée un an plus tôt, brisant une série de déficits annuels de trésorerie qui s’élevaient à 205 millions de dollars en 2022, 142 millions en 2023 et 126 millions en 2024.
Pour un groupe qui a passé les dernières années à restructurer ses finances et à alléger sa dette, ce basculement montre que ses activités génèrent à nouveau suffisamment de liquidités pour couvrir leurs dépenses sans peser sur les comptes. Le chiffre d’affaires de la compagnie a atteint 496 millions de dollars au premier semestre 2026, contre 411 millions pour la même période l’année précédente.
La concentration des activités au Ghana et la hausse des cours du pétrole
Cette embellie financière s’explique en partie par la conjoncture des marchés et par un recentrage stratégique. Le prix de vente réalisé par le groupe a atteint 95 dollars le baril avant couverture, contre 71,4 dollars un an plus tôt, dans un contexte de hausse des cours soutenu par la guerre en Iran.
Parallèlement, la production attribuable à Tullow s’est établie à 43 700 barils équivalent pétrole par jour, dépassant sa fourchette prévisionnelle. La disponibilité opérationnelle des navires de production de la compagnie a été supérieure à 99 % du temps. Plus de la production provient désormais du Ghana et de ses champs offshores Jubilee et TEN, à la suite des cessions d’actifs non stratégiques au Gabon et au Kenya.
Restructuration de la dette et accord sur le refinancement
Malgré ce flux de trésorerie disponible positif, le groupe conserve une situation financière lourde. La perte nette semestrielle a atteint 101 millions de dollars, contre 80 millions un an plus tôt. La dette nette de l’entreprise s’établit à 1,4 milliard de dollars, en baisse par rapport aux 1,6 milliard de dollars affichés un an auparavant. Cette dette est principalement constituée d’obligations de 1,16 milliard de dollars arrivant à échéance en novembre 2028.
Pour consolider ses bases, Tullow a payé 70,2 millions de dollars de frais pour refinancer ses engagements. En février, la société a conclu un accord portant sur 1,3 milliard de dollars avec Glencore et ses obligataires, repoussant les échéances financières et sécurisant un cadre contractuel à long terme.
Le rôle clé des licences de Jubilee et TEN
Le Parlement ghanéen a ratifié en février la prolongation des licences d’exploitation de Jubilee et TEN jusqu’au 31 décembre 2040. Ce cadre renouvelé permet de planifier de nouveaux forages, avec six puits prévus sur Jubilee pour l’année 2026, tout en autorisant jusqu’à 20 puits supplémentaires dans le plan de développement du champ.
En contrepartie de ces prolongations, la participation de la société publique du pétrole, la GNPC, passera de 19,69% à 29,69% à partir de juillet 2036. Par ailleurs, les réserves prouvées et probables de Tullow ont grimpé à 121,7 millions de barils équivalent pétrole, traduisant un taux de remplacement de la production, porté notamment par la prolongation des licences ghanéennes.
Litiges fiscaux et perspectives financières
Malgré ces progrès opérationnels, l’entreprise fait face à d’importants contentieux fiscaux. La Ghana Revenue Authority réclame à Tullow des montants de 190,5 et 196,5 millions de dollars, un litige contesté devant la Chambre de commerce internationale. Une situation similaire s’observe au Kenya, où la Kenya Revenue Authority réclame environ 170 millions de dollars sur la vente de la filiale kényane du groupe, une réclamation jugée infondée par la compagnie.
Porté par le règlement de 73 millions de dollars de factures gazières anciennes par le gouvernement ghanéen et par la vente de sa filiale kényane pour 40 millions de dollars, le groupe a relevé sa prévision annuelle de trésorerie disponible dans une fourchette allant de 170 à 250 millions de dollars.