Home DivertissementUkraine : Le Poker menteur de l’UE et ses conséquences devant l’histoire

Ukraine : Le Poker menteur de l’UE et ses conséquences devant l’histoire

by Antoine Girard

Publié le 26 novembre 2025. Les efforts de l’administration Trump pour parvenir à un accord de paix en Ukraine se heurtent à une opposition européenne persistante, menaçant de transformer le conflit en un affrontement plus large avec la Russie.

  • Une nouvelle initiative diplomatique américaine, basée sur un plan en 28 points, a été rejetée par Kiev avec le soutien de plusieurs pays européens.
  • La Russie progresse militairement dans l’est de l’Ukraine, suscitant des craintes d’une prise de contrôle du territoire le long du Dniepr.
  • Des responsables européens, notamment en France, évoquent désormais ouvertement la possibilité d’un déploiement de troupes en Ukraine.

Les tentatives du président américain Donald Trump pour désamorcer le conflit ukrainien se sont une nouvelle fois soldées par un échec, selon des sources proches de l’administration. Le plan de paix, élaboré par Steve Witkoff en concertation avec Moscou, prévoyait la neutralité de l’Ukraine, des concessions territoriales et une démilitarisation du pays. Kiev, appuyée par ses alliés européens, a catégoriquement refusé ces conditions, préférant élaborer une proposition alternative immédiatement rejetée par la Russie, qui avait déjà qualifié le plan Trump de « base pour un futur accord », selon les déclarations du président Vladimir Poutine.

Le refus ukrainien porte principalement sur la question du territoire, Kiev insistant pour conserver le contrôle des 20 % de l’oblast de Donetsk qu’elle occupe encore, et maintenant une armée de 800 000 hommes. Plus fondamentalement, Kiev continue de viser l’adhésion à l’OTAN, une perspective que Moscou considère comme une menace directe à sa sécurité nationale et à laquelle elle s’oppose depuis trois décennies. L’Europe a rapidement réagi en élaborant une contre-proposition, rappelant une situation similaire survenue l’été précédent lorsque les premières initiatives diplomatiques de Trump semblaient prometteuses.

Des allégations de manipulation ont également émergé. Une conversation entre Steven Witkoff et Youri Ouchakov, conseiller principal en politique étrangère du président russe, a été divulguée à Bloomberg, et utilisée, selon certains, pour discréditer le plan de paix. Des commentateurs néoconservateurs, comme Michael Weiss, ont affirmé qu’il s’agissait d’une manœuvre russe visant à imposer un agenda pro-Kremlin à travers des « agents de Poutine ».

La situation actuelle place Donald Trump dans une position délicate. Il souhaite obtenir un accord, mais craint d’être perçu comme responsable d’une victoire russe en Ukraine, ce qui nuirait à son image et pourrait lui valoir des critiques sévères. Seule une pression accrue sur Kiev, combinée à la progression militaire russe dans l’est de l’Ukraine, pourrait contraindre Volodymyr Zelensky à accepter des concessions.

Deux scénarios majeurs se dessinent dans l’immédiat : soit la Russie prend le contrôle de l’ensemble du territoire ukrainien à l’est du Dniestr, soit un conflit à l’échelle européenne éclate en cas de déploiement de forces européennes en Ukraine, potentiellement suite à une provocation ou à une opération sous faux drapeau. Ces deux scénarios pourraient se produire successivement.

Sur le terrain, l’armée russe avance rapidement. Kupyansk, au nord, est tombée, ouvrant la voie à Kharkiv. Plus au sud, les forces russes ont pris le contrôle de Pokrovsk et Myrnograd, se rapprochant de Pavlograd, à seulement 25 kilomètres de Dnipro, un important centre industriel. Dans le sud, la prise de Vugledar il y a treize mois a permis aux troupes russes d’entrer à Guliapole, à mi-chemin de Zaporijia, et de progresser à un rythme deux fois plus rapide qu’auparavant. Dnipro et Zaporijia pourraient tomber d’ici un à trois mois, selon les estimations. L’armée russe semble inarrêtable, bénéficiant d’une supériorité numérique et matérielle croissante, ainsi qu’un moral élevé.

Face à cette situation, certains pays européens envisagent une escalade. La France, en particulier, a intensifié les discussions sur la possibilité d’envoyer des troupes à Odessa et ailleurs en Ukraine. Le nouveau chef d’état-major de l’armée française, le général Fabien Mandon, a récemment déclaré :

« Nous avons le savoir-faire, ainsi que la force économique et démographique nécessaire pour dissuader le régime de Moscou. Ce qui nous manque – et c’est là que vous [les maires] avez un rôle à jouer – c’est l’esprit. L’esprit qui accepte que nous devions souffrir si nous voulons protéger ce que nous sommes. »

Général Fabien Mandon, chef d’état-major de l’armée française

L’ancien secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a également appelé l’Europe à prendre les devants :

« L’Europe doit cesser d’attendre les signaux de Washington et prendre l’initiative en Ukraine. Les garanties sur le papier ne valent rien pour Poutine. Seuls les engagements concrets comptent. C’est pourquoi j’appelle aujourd’hui l’Europe à déployer jusqu’à 20 000 soldats derrière les lignes ukrainiennes, à établir un bouclier aérien avec environ 150 avions de combat et à débloquer les avoirs russes gelés. »

Anders Fogh Rasmussen, ancien secrétaire général de l’OTAN

Les élites européennes semblent prises entre une vision idéalisée de l’Europe et une réalité géopolitique complexe. La Russie, initialement perçue comme un régime faible, a démontré une capacité militaire et une détermination insoupçonnées. Le choix entre la guerre et la paix s’annonce difficile, et l’issue du conflit reste incertaine.

Certains pays occidentaux cherchent des voies de sortie pour Kiev, tandis que d’autres semblent prêts à sacrifier l’Ukraine pour affaiblir la Russie et préparer le retour d’une administration américaine plus favorable à l’expansion de l’OTAN.

You may also like

Leave a Comment