Publié le 7 janvier 2026 à 08h05. Une mission scientifique en Amazonie, menée en collaboration avec National Geographic et Will Smith, a révélé des indices troublants sur l’impact de la pollution sur les anacondas, et a même conduit à la découverte potentielle de deux espèces distinctes.
- Des chercheurs ont découvert des niveaux de métaux lourds alarmants dans les anacondas, avec des différences significatives entre les mâles et les femelles.
- L’expédition a permis de mettre en évidence des variations génétiques entre les anacondas verts d’Équateur et du Brésil, suggérant qu’il pourrait s’agir de deux espèces différentes.
- Un anaconda exceptionnellement grand, mesurant 7,5 mètres, a été observé, soulignant l’importance de préserver cet écosystème fragile.
Au cœur de l’Amazonie, une étude scientifique s’est transformée en une enquête environnementale inattendue. Initialement lancée le 1er janvier 2026, cette mission, menée en partenariat avec National Geographic et en présence de l’acteur Will Smith, visait à étudier l’impact des activités humaines sur la faune locale. Les chercheurs, dirigés par le professeur Bryan Fry de l’Université du Queensland, se sont rapidement concentrés sur les anacondas, ces serpents géants qui occupent une place cruciale dans l’écosystème amazonien.
L’équipe travaille en étroite collaboration avec le peuple Waorani, une communauté autochtone dont la connaissance du terrain est essentielle pour mener à bien les recherches. Dans une région où l’exploitation pétrolière est une source de tension, ce partenariat permet d’accéder à des zones reculées et de comprendre les habitudes de ces animaux dans leur environnement naturel.
Les premiers résultats de l’étude ont révélé des niveaux inquiétants de métaux lourds, tels que le plomb et le cadmium, dans les tissus des anacondas. Une différence frappante a été observée entre les mâles et les femelles : les mâles présentent des concentrations de ces substances toxiques 1 000 % plus élevées que les femelles. Les chercheurs pensent que cela est dû à leurs régimes alimentaires différents. Les mâles se nourrissent davantage d’oiseaux aquatiques, tandis que les femelles privilégient les brouteurs terrestres, ce qui les expose à des sources de pollution différentes.
Mais la découverte la plus surprenante est venue de l’analyse génétique des anacondas. Les scientifiques ont constaté que les individus provenant d’Équateur et du Brésil présentent des différences génétiques significatives, suggérant qu’il pourrait s’agir de deux espèces distinctes. Cette hypothèse, qui avait déjà été avancée dans un article scientifique publié en 2024, pourrait avoir des implications importantes pour la conservation de ces animaux. L’espèce brésilienne serait en particulier plus vulnérable, car sa zone de répartition est plus limitée.
Au cours de l’expédition, l’équipe a eu la chance d’observer un anaconda exceptionnellement grand, mesurant 7,5 mètres. Une taille rarement rencontrée dans cette région. Cette observation souligne l’importance de préserver l’habitat de ces animaux et de lutter contre les menaces qui pèsent sur leur survie.
L’étude met en évidence le rôle crucial des prédateurs supérieurs, comme l’anaconda, dans l’écosystème amazonien. Ces animaux concentrent les contaminants présents dans l’environnement, ce qui en fait des indicateurs précieux de la santé de la forêt. En analysant les tissus des anacondas, les chercheurs peuvent obtenir des informations précieuses sur l’impact de la pollution sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.
Les chercheurs soulignent également l’importance de prendre en compte les différences entre les sexes lors de l’évaluation de l’impact de la pollution. Les mâles et les femelles d’anaconda ont des habitudes alimentaires différentes, ce qui les expose à des niveaux de contamination différents. Cette prise en compte est essentielle pour élaborer des stratégies de conservation efficaces.

Crédit : Wornermeier / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0)