Home AffairesUn aperçu captivant de la misère infligée par les prêteurs irlandais – The Irish Times

Un aperçu captivant de la misère infligée par les prêteurs irlandais – The Irish Times

by Amélie Bernard

Publié le 3 novembre 2023 22:32:00. Un nouveau documentaire irlandais révèle les conséquences désastreuses du scandale des prêts hypothécaires à taux variable, où des banques ont délibérément refusé de rétablir des taux avantageux à leurs clients, plongeant de nombreuses familles dans la précarité et la détresse.

  • Le documentaire « Trackers : Le Peuple contre les Banques » met en lumière les pratiques abusives des institutions financières irlandaises après la crise économique.
  • Des témoignages poignants révèlent l’impact humain de ces décisions, allant de difficultés financières extrêmes à des problèmes de santé graves.
  • Le rôle tardif et peu empathique des régulateurs bancaires est également pointé du doigt.

Le scandale des prêts hypothécaires à taux variable, ou « tracker mortgages », est une nouvelle illustration des dérives qui ont marqué l’histoire financière récente de l’Irlande. Après avoir bénéficié de plans de sauvetage massifs de l’État, les banques irlandaises ont, selon le documentaire diffusé sur RTÉ One, choisi de maximiser leurs profits en refusant de rétablir les taux d’intérêt préférentiels initialement promis à leurs clients. Ces taux étaient indexés sur les taux de la Banque centrale européenne (BCE).

L’accord initial prévoyait que les emprunteurs puissent revenir à ces taux avantageux lorsque les taux de la BCE augmentaient temporairement. Cependant, les banques ont décidé unilatéralement de ne pas honorer cet engagement, sans justification légale valable. Cette décision a eu des conséquences dramatiques pour de nombreux ménages irlandais, déjà fragilisés par la crise économique.

Parmi les victimes, Thomas et Claire Ryan, dont les finances ont été ruinées par le refus de leur banque, la Permanent TSB, de les remettre au tarif « tracker ». La pression financière a été telle que Thomas a subi un accident vasculaire cérébral et Claire a temporairement perdu la parole. Catriona et John Redmond ont, quant à eux, été contraints de justifier chaque dépense, y compris les dépenses alimentaires, auprès de la Banque d’Ulster après avoir rencontré des difficultés financières.

Le documentaire met en avant le travail de Padraic Kissane, un conseiller financier qui s’est battu pour défendre les droits des emprunteurs.

« Il faut comprendre que les gens étaient déjà confrontés à de graves difficultés financières en raison de l’effondrement économique. Lorsque le scandale des trackers s’est produit, c’est vraiment la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. »

Padraic Kissane, conseiller financier

Il ajoute :

« Quand j’ai commencé à m’intéresser à toute la région, je n’avais aucune idée que cela allait prendre le dessus sur ma vie. Beaucoup de gens diraient probablement que j’en suis devenu obsédé parce que plus je regardais, plus mes inquiétudes devenaient profondes. »

Padraic Kissane, conseiller financier

La réaction des autorités de régulation est également critiquée. La Banque centrale d’Irlande a tardé à lancer une enquête, reproduisant, selon certains, les erreurs commises lors de la crise financière précédente. Patrick Honohan, gouverneur de la Banque centrale de 2009 à 2015, reconnaît que certaines mesures auraient pu être prises plus tôt :

« C’est toujours bien de faire les choses plus tôt si l’on veut qu’elles soient efficaces plus tôt. Je ne le conteste pas. »

Patrick Honohan, ancien gouverneur de la Banque centrale d’Irlande

Le documentaire s’ouvre avec une scène ironique : l’acteur Aidan Jordan, connu pour une publicité de 2007 pour l’Autorité irlandaise de régulation des services financiers, déclare aujourd’hui : « Maintenant, je sais ce qu’est une hypothèque tracker ». Cette séquence souligne l’évolution de la situation et le manque de transparence qui a caractérisé le secteur bancaire irlandais. La question de savoir si les banques éprouvent de véritables remords pour leurs actions reste, cependant, sans réponse.

You may also like

Leave a Comment