Publié le 13 octobre 2024 à 07h00. Un Singapourien a été condamné à trois semaines de prison pour avoir falsifié une demande de permis de travail afin de permettre à sa petite amie, une aide domestique philippine, de prolonger son séjour à Singapour.
- Faizal Farid a plaidé coupable d’avoir fait une fausse déclaration aux autorités de l’immigration.
- L’arrangement permettait également à sa petite amie de travailler illégalement comme baby-sitter.
- Jennie Sotto Villaron, la petite amie, a déjà été condamnée à trois semaines de prison pour son rôle dans la fraude.
Faizal Farid, 45 ans, a reconnu avoir sciemment fourni de fausses informations dans une demande de permis de travail pour Jennie Sotto Villaron, 37 ans. L’homme, technicien de métier, a admis avoir agi dans le but de permettre à sa compagne de rester à Singapour au-delà de la date d’expiration de son permis d’aide domestique.
L’affaire a débuté en février 2024 lorsque Jennie a informé Faizal de la volonté de son employeur de mettre fin à son contrat. Elle a alors sollicité l’aide de son petit ami pour transférer son emploi sous son nom, ce qui lui aurait permis de demander un nouveau permis de travail et de prolonger son séjour. Faizal a initialement hésité, mais a finalement accepté la proposition de Jennie, déposant une demande d’emploi d’aide domestique le 28 février 2024, bien qu’il n’ait jamais eu l’intention d’employer réellement sa petite amie comme telle.
Le permis de travail a été approuvé le 9 mars 2024. Pendant près de quatre mois, Jennie a vécu chez Faizal, non pas en tant qu’aide domestique, mais comme sa petite amie, passant quatre à cinq nuits par semaine à son domicile sans effectuer de tâches ménagères. Parallèlement, elle travaillait comme baby-sitter à temps partiel, occupant ce poste deux à trois nuits par semaine. Faizal était pleinement conscient de cette situation et a même donné son accord pour que Jennie exerce cette activité tout en étant officiellement employée par lui.
Lors de l’audience, le procureur du ministère du Travail a requis une peine de quatre semaines d’emprisonnement pour Faizal. La défense, représentée par Me Anil Singh Sandhu et Me Nurhan Sufi, a plaidé pour une peine de deux semaines, soulignant que Faizal était divorcé depuis 2008 et qu’il était le seul responsable de son fils. Ils ont également mis en avant le fait que Faizal avait rencontré Jennie pendant la pandémie de COVID-19 et qu’il agissait par désir d’aider une personne qu’il aimait.
« Faizal ne trouve aucune excuse pour l’erreur qu’il a commise, mais c’était Jennie qui avait suggéré l’idée et qu’il l’avait initialement rejetée. »
Me Anil Singh Sandhu, avocat de la défense
La défense a également précisé que Faizal versait à Jennie 700 dollars singapouriens (environ 540 dollars américains) par mois, parfois plus, et qu’il avait réglé les taxes liées au permis de travail jusqu’à son annulation. Ils ont insisté sur le fait que son client n’avait agi ni par cupidité, ni dans le but de tirer profit de la situation.
Le juge a finalement suivi la recommandation du procureur et a condamné Faizal à trois semaines de prison, considérant que cette peine était appropriée compte tenu de la peine déjà prononcée à l’encontre de Jennie. Faizal aurait pu être condamné à une peine de prison allant jusqu’à deux ans et/ou à une amende pouvant atteindre 20 000 dollars singapouriens pour avoir fait une fausse déclaration aux autorités de l’immigration.
L’affaire soulève des questions sur les vulnérabilités du système de permis de travail à Singapour et les risques de fraude liés aux relations amoureuses entre employeurs et employés étrangers.