Publié le 11 décembre 2023 14h35. Un homme de la région de Sligo, dans l’ouest de l’Irlande, a été condamné à plus de deux ans de prison pour des infractions liées à la falsification de plaques d’identification de véhicules, notamment sur des tracteurs et de l’équipement lourd.
- Noel Muldoon, 53 ans, a été reconnu coupable de plusieurs chefs d’accusation concernant la possession de fausses plaques VIN.
- L’enquête a révélé des liens avec des tracteurs volés au Royaume-Uni et des équipements agricoles dont les numéros d’identification avaient été modifiés.
- Malgré ses remords et sa situation personnelle, le juge a estimé que le casier judiciaire de l’accusé justifiait une peine de prison ferme.
Noel Muldoon, originaire de Cluid, Ballymote, a été condamné par le tribunal de circuit de Sligo à une peine de deux ans et trois mois d’emprisonnement. Le verdict fait suite à un procès de quatre jours durant lequel un jury l’a reconnu coupable de trois infractions distinctes. Les faits remontent à 2016 et 2019, impliquant la découverte de fausses plaques d’identification de véhicules (VIN) lors de perquisitions menées par la Garda (police irlandaise) dans deux propriétés situées dans le sud de Sligo.
L’affaire a débuté en août 2016, lorsqu’une plaque VIN retrouvée sur la propriété de Muldoon a été identifiée comme correspondant à celle d’un tracteur New Holland appartenant à un agriculteur britannique. Ce dernier a confirmé devant le tribunal qu’il n’avait autorisé personne à utiliser son engin. L’enquête a ensuite révélé qu’un tracteur New Holland volé au Royaume-Uni, retrouvé par le PSNI (Police Service of Northern Ireland) à Fermanagh, portait une plaque VIN quasi-identique à celle découverte chez Muldoon. Le tribunal a toutefois précisé qu’il n’y avait aucune preuve impliquant Muldoon dans le vol initial du tracteur.
Une expertise menée par un employé de Chase New Holland a confirmé que les plaques VIN trouvées sur la propriété de Muldoon n’étaient pas authentiques. Lors d’une seconde perquisition, en mai 2019, les gardaí ont découvert une pelle Hitachi orange de 13,5 tonnes (environ 13 500 kg) dont la plaque VIN avait été récemment repeinte. Le détective Garda Eugene O’Sullivan a démontré en utilisant de l’acétone que la peinture fraîche se détachait facilement, contrairement à la peinture d’origine appliquée en usine. Un représentant d’Hitachi UK a également confirmé que la plaque VIN n’était pas conforme aux standards de l’entreprise.
Le détective Garda Patrick Naughton a souligné devant le tribunal que Muldoon comptait déjà 25 condamnations à son actif en Irlande et au Royaume-Uni, remontant à 1990. Ces condamnations incluaient des infractions telles que le recel, la détention de biens volés, des troubles à l’ordre public, du vol, des voies de fait et des délits routiers.
Lors de son plaidoyer pour la clémence, Muldoon a déclaré accepter le verdict du jury et affirmer vouloir « changer de vie ».
« Je n’étais pas un ange quand j’étais jeune. Je n’essaie pas de passer pour un évêque… J’ai commis des erreurs stupides. »
Noel Muldoon, accusé
Il a expliqué au juge Dara Hayes qu’il avait décidé de se réformer après avoir été victime de plusieurs tentatives d’assassinat en 2014 par un groupe criminel qui lui demandait d’accomplir des actes qu’il refusait. Muldoon a également précisé qu’il était actuellement actif dans le secteur de la construction, dirigeant cinq entreprises, dont deux sont encore en activité : Black Briar Plant Hire et Euro Track Trading Limited. Il a exprimé son inquiétude quant à l’impact de sa détention sur ses activités.
Des témoignages de soutien ont été présentés au tribunal, notamment celui d’un ami de Muldoon qui a bénéficié de son aide après avoir été victime d’abus sexuels. L’avocat de la défense, Me Colm Smyth, a souligné que Muldoon avait accepté le verdict du jury et qu’aucune perte financière n’avait été démontrée dans cette affaire. Cependant, le juge Hayes a souligné les facteurs aggravants, notamment la possession de fausses plaques d’immatriculation, les tentatives de dissimulation et le fait que les infractions aient été commises pendant une période de sursis.
Le juge Hayes a finalement condamné Muldoon à trois ans et six mois de prison, dont 15 mois avec sursis, ce qui équivaut à une peine de 27 mois de prison. Il a reconnu les remords de l’accusé, son parcours professionnel et sa contribution à la vie de sa famille, mais a estimé que son casier judiciaire et ses antécédents de sursis rendaient une peine de prison ferme nécessaire.
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